Avec les Bronzés 3 et leurs 35 millions d’euros de budget, on croyait tenir le plus coûteux et mauvais film comique de l’histoire du cinéma français. Mais c’était sans compter sur le talent de Thomas Langmann qui, avec Astérix aux Jeux olympiques, est parvenu à faire plus médiocre encore pour la coquette somme de 78 millions d’euros.

Serait-ce qu’à la différence des Américains, les Français seraient incapables de faire de l’humour à gros budget ? Que Nenni ! Et c’est notre ministère de la Culture lui-même qui le prouve avec l’une des super-productions burlesques les plus abouties qu’on n’ait jamais vue dans l’hexagone : Hadopi.

Pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents, rappelons que cette autorité luttant contre le piratage et le téléchargement illégal ne cesse, depuis sa création, d’accumuler les gags, repoussant toujours plus loin la frontière du ridicule. On se souvient par exemple de son premier logo qu’il avait fallu refaire à la hâte parce qu’il violait les copyrights d’une police de caractères. On se souvient aussi que la marque Hadopi avait été déposée à l’INPI, non pas par le gouvernement, mais par un particulier 6 mois avant son lancement. On se souvient encore qu’au milieu de tout ça, l’UMP, parti politique à l’origine d’Hadopi, avait dû verser 30 000 € pour ne pas avoir respecté les droits d’une artiste canadienne lors de l’utilisation d’une chanson pour un kitchissime lip dub. On rit toujours des spots télé vantant le ‘label pur’, et laissant à penser que le but d’Hadopi serait d’assurer le devenir de ce qu’on peut imaginer de pire dans la musique ou le cinéma. Et on se rappelle surtout qu’après énormément de bruit, de débats, de promesses et de millions d’euros dépensés, la Haute Autorité en question envisageait, forte d’avoir constaté 18 millions d’infractions en 9 mois, d’assigner une dizaine de personnes en justice pour leur couper Internet.

Or, voilà qu’Hadopi refait parler d’elle en avertissant les internautes, non pas qu’ils aient commis une infraction, mais qu’il circule actuellement des faux mails Hadopi visant à leur soutirer de l’argent. Si l’on résume donc, il y a désormais trois types de courrier électronique susceptibles de contenir le mot Hadopi comme objet : le vrai mail indiquant au pirate qu’on sait ce qu’il a fait et que s’il continue de le faire, on va peut-être lui faire les gros yeux numériques, le faux mail indiquant au pirate qu’on sait ce qu’il a fait, et qu’il peut régler ça très simplement en appelant un numéro surtaxé aux îles Caïmans depuis un site russe, et le deuxième vrai mail indiquant pour sa part qu’il existe des faux mails, méfiez-vous des imitations…  En attendant évidemment les mails ‘Enlarge your Hadopi’ et ‘Russian Hadopian Girl veut parler vous sérieuse parce que cherche l’amour’ qui ne tarderont pas à apparaître…

Tout ce que j’espère pour ma part, c’est que le prochain gouvernement ne déprogrammera pas Hadopi parce que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas ri comme ça… Remarquez, plus j’y pense et plus je me dis qu’il n’y a pas de hasard là-dedans : Hadopi étant l’anagramme de Phaido qui est l’homophone d’un des plus brillants auteurs comiques français, on comprendra aisément que, sous ces auspices, les autoroutes de l’information tournent tout naturellement au théâtre de boulevard.

Le seul truc qui m’ennuie là dedans, c’est que les trois bancs d’essai que j’ai à vous proposer cette semaine paraissent bien trop sérieux en comparaison : entre les pédales d’effets guitare de TC Electronic, le Ministry of Rock 2 d’Eastwest et le Transient Master de Native Instruments, on ne peut pas dire que l’ambiance soit à la franche rigolade. Qu’importe, vu que les rois ont choisi de nous faire rire, le site des ménestrels peut bien se permettre une petite semaine de sérieux, non ?

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam