Une partie de la France est en grève et, quoi que l’on puisse penser du bienfondé de cette dernière et des actions de ceux qui la conduisent, on s’étonnera vraiment du vocabulaire employé par quantité de médias, le gouvernement, l’opposition ou le patronat pour les décrire. Ici on parle de « radicalisation », là de « prise d’otage », ou même encore, comme dans le Figaro, de « terrorisme social ». Moi qui pensais naïvement que le terrorisme consistait à ouvrir le feu sur une foule de civiles ou à se faire exploser dans un lieu public, moi qui étais persuadé que prendre quelqu’un en otage, c’était mettre un canon sur sa tempe et lui brûler la cervelle à moins d’obtenir une quelconque satisfaction, je prends note que ces termes sont désormais synonymes de syndicalisme et me demande même si, avec le recul, les grandes heures de notre histoire, celles que nos élus, journalistes et patrons chantent la main sur le coeur à chaque 14 juillet ou avant les matchs de football, ne sont pas au final qu’une sombre histoire de terrorisme. Parce que de la prise de la Bastille à mai 68 en passant par les événements de la Commune ou le Front Populaire, on peut dire que du terrorisme social, de la radicalisation et de la prise d’otage, il y a en eu pour faire de la France ce qu’elle est.

World Trade CenterPar conséquent, il faudra qu’on corrige les manuels d’histoire dans ce sens, pour bien expliquer aux enfants dans les écoles ce qu’on entend par « terrorisme » désormais. Et il faudra aussi trouver un autre mot pour leur raconter ce qui s’est produit au Bataclan il y a à peine 6 mois de cela, et à la rédaction de Charlie Hebdo il y a un an et demi. Parce qu’aussi jeunes soient-ils, ils ne manqueront pas de souligner que ce n’est pas tout à fait la même chose d’assassiner sauvagement 102 personnes, de faire des centaines de blessés, et de bloquer l’accès à des réserves d’essence ou d’immobiliser des trains.

Coupable moi-même de terrorisme éditorial en cet instant, je m’en vais vous présenter le radical sommaire de cette semaine qui fait bien mieux qu’un minimum syndical. On commence avec le rétrotest du fabuleux Matrix-12 d’Oberheim, accompagné d’une nouvelle émission nommée Installe/Désinstalle et qui s’attarde pour son premier numéro sur le plug-in Magic AB 2. Toujours au rayon vidéo, On Refait Le Patch prend en otage le multieffet Movement d’Output, ce qui n’empêche pas Bruce Franklin et Rick Wartell, les deux guitaristes du légendaire groupe Trouble (les inventeurs du Doom Metal), de venir vous causer grattes, effets et amplis.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
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