Edito du 18 février 2012

Ce n’était pas à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. Non. Mais ce n’était beaucoup moins loin non plus : au-delà des vastes plaines et des plateaux herbeux de l’Est, par-delà les forêts séculaires, à ce point d’horizon que les cigognes ne semblent jamais pouvoir atteindre, au-delà de Krondor, au-delà du Mordor : Francfort.
Une ville étonnante qui entretenait les contrastes les plus singuliers : d’un côté, le futurisme anguleux des buildings, tout en verre et béton,  au bas desquels feulaient les plus modernes berlines,  et de l’autre, la douceur pastorale de ces troupeaux de saucisses paissant paisiblement dans le lointain, sous le regard bienveillant de géants en sandales. Francfort était tout cela, ce précipité d’Allemagne contemporaine… Mais c’était aussi et surtout un lieu de pèlerinage pour tous ceux qui avaient reconnu dans le ‘Ut queant laxis resonare fibris…’ de Paul Diacre l’appel d’une foi particulière : les musiciens.
Chaque année au printemps s’y tenait le plus formidable des salons consacrés à l’audio, à l’éclairage et aux instruments de musique : le Musikmesse. Une foire à nulle autre pareille où s’étendait sur des kilomètres carrés tout ce que l’homme avait inventé de plus ingénieux pour habiller d’un peu d’harmonie le silence existentiel. Il y avait là des guitares de toutes formes, des pianos de tous bois, des batteries de toutes tailles et des projecteurs de toutes couleurs. Et il y avait les musiciens surtout, les grands, les petits, les pros, les débutants, hommes, femmes et enfants de toutes nationalités qui, une fois dans l’année, pouvaient parler la même langue dans cette Babel accueillante : ‘Ut queant laxis resonare fibris…’.
Enfin bon, je vous rassure : il y avait aussi des chevelus pour faire saigner les amplis, des DJ pour pulvériser les boomers, des batteurs pour faire cracher les crashes, et des électroniciens ou des informaticiens, lunettes sans monture, calvitie naissante et pull marron rentré dans un pantalon de velours côtelé, pour présenter leurs compresseurs, EQ et préamp pour les uns, et leurs plug-ins pour les autres…
Bref, un Musikmesse, quoi! Comme celui de mars prochain. Auquel – et c’est surtout là que je veux en venir – vous pouvez vous rendre avec nous pour la modique somme de 161 €, transport en car et hôtel 4 étoiles compris (zéro bénef là-dessus, je le précise).
Pourquoi viendriez-vous ? Parce que le car est déjà réservé, qu’il y a 47 places à remplir et que, tout de même, bien qu’Internet soit un foôormidable outil de communication, c’est aussi bien de se voir pour de vrai, fusse pour envahir l’Allemagne. Moi j’y serai en tout cas. De sorte qu’il ne reste déjà plus que 46 places. Will Zégal aussi y sera : 45… Bref, ne tardez pas à aller sur cette page pour nous faire le plaisir de vous joindre à la fête. On vous attend.
A présent que vous avez vérifié dans votre agenda et dans l’œil de votre compagne ou compagnon qu’effectivement, le 22 mars prochain, vous pourriez peut-être vous permettre une escapade outre-Rhin, voyons les articles de la semaine : du léger et du virtuel.
Le léger, c’est ce petit ampli guitare signé Yamaha : idéal pour jouer dans un car, par exemple. Quant au virtuel, c’est du lourd au contraire, avec Reason 6 d’un côté, le séquenceur signé Propellerhead, et MachFive 3 de l’autre, le sampler virtuel selon MOTU et qui nous revient plus en forme que jamais. Avec tout ça, j’ai presque oublié de vous dire qu’on organise un voyage pour le Musikmesse de Francfort. Mais bon, on ne va pas en faire tout un édito, non ?
Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.
Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 14 janvier 2012

« Y a des jours de bonheur(eux)
Y a des jours de malheur(eux)
Y a des moments de plaisir(eux)
Y a des moments qui font souffrir(eux)
(…)

Y a des moments de panique(eux)
Des moments de lassitude(eux)
Des moments on s’emballe(eux)
Des moments on se relâche(eux)
(…)

La misère(eux) : personne ne veut la vivre(eux)
La souffrance(eux)  : personne ne veut la vivre(eux)
La galère(eux)  : personne ne veut la vivre(eux) »

Soyons rassurés : Amadou et Mariam n’ont rien perdu de leur puissance poétique, comme en témoigne cette idée géniale de rajouter des (eux) à la fin des vers de la chanson, ce qui plombe un peu plus, s’il était besoin, ce constat doux amer, mais ô combien lucide sur la difficile condition humaine.

Soyons rassurés aussi : Bertrand Cantat n’a rien perdu de son engagement, puisqu’il chante à leurs côtés ce brûlot dénonciateur qu’est ‘Oh Amadou’, brûlot qui fait suite à « la dictature dans la politique, ce n’est pas bon, ce n’est pas bon, nous n’en voulons pas », entre autres.

On m’objectera certes qu’à l’heure où Joey Starr chante avec Nicoletta sur le plateau de Michel Drucker, tout est possible. On me dira également qu’en ces temps où un ancien champion de la FFF essaye de récolter 500 signatures pour remplacer le perdant du triple AAA à la tête de l’Etat, ça n’a rien de bien étonnant. Mais tout de même, avec des textes qui feraient passer Florent Pagny pour un prix Nobel de littérature, Amadou et Mariam poussent assez loin l’art de la décérébration. Au moins aussi loin que TF1, c’est dire…

Du coup, avant de subir d’irrémédiables séquelles, on préférera faire sa propre musique à soi, avec le Sequel de Steinberg par exemple, en test cette semaine, ou en allant s’acheter une basse. Et pour la choisir, rien de tel que le guide concocté avec amour par notre quatre-cordiste à nous, David Lo Pat. Surtout, on ne manquera pas l’avant-dernier épisode de notre série de vidéos consacrées à George Massenburg : si vous voulez savoir pourquoi ce grand ingé son déteste les casques ou pourquoi il traite Phil Spector de ‘dick’, c’est le moment ou jamais.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 7 janvier 2012

Comme l’ont sans doute prédit les Mayas, 2012 sera assurément une sale année pour les joueurs de flûte de pan : alors qu’ils tenaient, avec André Rieu et Richard Clayderman, le monopole de la musique d’ambiance, non seulement dans les mauvaises crêperies, mais aussi dans les mauvaises pizzerias, les voilà qui vont désormais devoir partager leur chasse gardée avec Il Divo, quatre chanteurs à l’exceptionnel pouvoir évocateur : écoutez pour vous en convaincre leur reprise du Hallelujah de Léonard Cohen en fermant les yeux, et vous sentirez immanquablement l’odeur de la Regina mi-cuite et de sa coupe de glace deux boules dans la formule à 9,90 €, le midi seulement, hors week-end et jours de fête. Sur certains tremolos, on distinguerait presque le papier du set de table ‘Forza Italia’ et la petite coupelle de bonbons Krema à côté de la caisse…

Mais 2012 sera en revanche une bonne année pour les violonistes n’ayant pas des millions à investir dans leur copain à 4 cordes, si l’on en croit Claudia Fritz, chargée de recherches en acoustique musicale au CNRS. Pourquoi ? Parce que dans le sillage de ses nombreuses recherches autour du son des violons, la dame s’est amusée à faire tester en double aveugle six instruments à une vingtaine de violonistes de haut niveau : trois neufs et trois vintage, dont un stradivarius numéroté 01 valant la peau des yeux des bras de la tête. Résultat ? Dans l’ensemble, les musiciens auraient eu toutes les peines du monde à distinguer le neuf du vieux, pour généralement préférer les violons récents, au grand dam du fameux stradivarius qui aurait reçu le moins de suffrages de tous les instruments… Serait-ce à dire que cette fameuse loi du Vintage qui veut que plus un instrument est vieux, mieux il sonne, n’aurait absolument aucun fondement ? Serait-ce à dire que, comme dans bien des domaines, nous serions portés à penser que ce qui est cher est meilleur ? Je vous laisse en tirer vos propres conclusions. Et je vous laisse également extrapoler la chose au monde des guitares, des kazoos ou de tout autre instrument ou matériel audio, d’ailleurs…

Du coup, même les heureux possesseurs d’une antique Jazz Bass pourraient bien s’intéresser au test des Modern Player Jazz Bass et Telecaster Bass de Fender, premier article que nous vous proposons cette semaine. Quant à ceux qui se demandent depuis le début de cet édito si un bon chœur virtuel ne vaudrait pas un mauvais quatuor réel, je les renvoie au banc d’essai de Mars, banque de samples vocaux concoctée par Soundiron.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos

From Ze AudioTeam

Edito du 22 octobre 2011

Un dictateur s’en va, une princesse s’en vient : la vie continue ce recyclage mécanique qui vaut à Lavoisier d’être dans tous les manuels scolaires à la place d’Anaxagore. Et pendant ce temps là, à l’université du Sussex, on découvrait une chanson capable de réduire l’anxiété globale de 65 %. La chose s’appelle Weightless, est un titre du groupe Marconi Union, et parce qu’elle passe progressivement de 68 BPM à 50 BPM, elle ralentirait votre rythme cardiaque selon Lyz Cooper, fondatrice de l’institut britannique de thérapie par le son. Et parce qu’elle n’a « pas de mélodie qui se répète, elle [permettrait] au cerveau de se débrancher complètement, puisqu’on n’essaie pas de deviner ce qui va arriver ». Débrancher le cerveau complètement ? Avouez que l’idée, bien que diamétralement opposée à toute forme d’art, devrait faire son petit effet chez les publicitaires et les patrons de chaines cherchant à vendre du temps de cerveau humain disponible à Coca Cola.

Après, il faut encore que ça marche parce que personnellement, à l’écoute du titre en question, je me suis mis à angoisser terriblement, comme si j’écoutais l’intro d’un 45 tours de Pink Floyd en mode 33 tours sans que la chanson ne commence jamais, comme si j’étais bloqué dans un ascenseur avec un type qui me rejouait toutes les compils Buddha Bar sur un Bontempi, comme si le vendeur du rayon livres de Natures et Découvertes me tendait l’Alchimiste de Paulo Coelho et me passait la main dans le dos avec un sourire ambigu, en me disant : « vous verrez, c’est un peu dur au début, mais tout va bien se passer. » Inutile de dire que je suis sorti de l’ascenseur précipitamment, en bousculant Pink Floyd, le bontempiste et le toutvabiensepassiste en question ; et je me suis rué sur ce que j’ai trouvé en urgence sur mon iTunes : Jesus Saves de Slayer, Barbie Girl d’Aqua et Inch’Allah de Salvatore Adamo. Oui, je sais, j’aurais pu choisir Tom Waits, Léo Ferré et Robert Wyatt. Mais que voulez-vous ? Quand on se noie, on a autre chose à faire que de se soucier du canard jaune qui trône fièrement sur la bouée…

En tout cas, c’est grâce à ces trois là que j’ai pu sortir de ma torpeur, accélérer mon rythme cardiaque, irriguer mon cerveau, me traîner jusqu’à mon ordi, cliquer sur l’icône Word et vous parler des trois articles de la semaine. Parce que tout de même, il aurait été dommage de ne pas parler de l’excellent ampli Bass Terror d’Orange, des plug-ins d’égalisation de Native Instruments et du Ilya Efimov Sound Production Complete Guitar Bundle qui, non content d’être une des meilleures guitares virtuelles du moment, a hérité d’un des plus beaux titres d’article jamais donnés sur AudioFanzine.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 26 février 2011

Content que j’étais, en achetant ‘The King of Limbs’, le dernier album de Radiohead sur le site officiel du groupe.

Content parce que, même si je ne suis pas un fan au dernier degré du quintet d’Oxford, ça fait toujours plaisir de mettre la main sur un disque qu’on a envie d’écouter. Content aussi parce qu’en vis-à-vis du format MP3 à 7 €, on m’offrait de télécharger l’album au format WAV à 11 €, comme si quelqu’un dans l’industrie du disque avait enfin compris que la dématérialisation de la musique n’implique pas forcément une dégradation de sa qualité. Mais content enfin et surtout parce que je l’achetais sur www.radiohead.com et non pas sur l’iTunes d’Apple, le Deezer d’Orange, la Fnac de François Pinault , ou le Virgin de Lagardère…

Ce faisant, j’avais cette impression, sans doute fausse, de donner simplement mon argent à un groupe que j’aime bien, sans intermédiaire parasite, avec une telle évidence que j’en suis venu à me demander ce qu’ils devenaient dans l’histoire, les intermédiaires en question :

« Dis Papa, ça sert à quoi iTunes ?

– A couler la Fnac qui a coulé les disquaires de quartier, avant de se faire couler par Spotify qui se fera couler par Google Music…

– Ah… Et les maisons de disques, alors, ça sert à quoi ?

– A l’heure actuelle, ce serait plus simple pour moi de t’expliquer le problème israélo-palestinien, mais disons que ce sont des gens qui sont sensés aider des musiciens à faire de la musique et à la vendre pour gagner leur vie en tant qu’intermédiaires.

– Et Radiohead, ils ont une maison de disques ?

– Ben j’en suis plus très sûr, pour le coup, mais ce n’est pas très grave dans leur cas.

– Pourquoi, c’est grave sinon ?

– Non, ce n’est pas très grave non plus parce que bien avant qu’il y ait des maisons de disques, il y avait de la musique, et il y en aura bien après qu’elles auront disparu. C’est juste que tu ne passeras ni à la télé, ni à la radio et qu’il faudra que tu fasses beaucoup de très bons concerts gratuits avant de pouvoir en faire des payants, si c’est vraiment là l’objectif. Parce que, tu m’excuseras cette tautologie, mais même si l’industrie du disque a parfois du mal à l’admettre, le but de faire de la musique, c’est peut-être seulement de faire de la musique…

– Je crois que j’ai à peu près tout compris sauf le truc avec Toto… »

Après ça, on s’est écouté ce King of Limbs sans être réellement convaincus ni l’un, ni l’autre par la pertinence artistique du machin. Comme quoi, même sur les disques virtuels, on trouve encore des faces B : ils sont forts ces Radiohead, même quand ils passent plus de temps à peaufiner leur marketing qu’à bosser leurs compos… Et comme une méchante rumeur parle d’une suite imminente à ce King of Limbs, on se prendrait presque à rêver de la face A.

En attendant la musique des autres, rien de tel en tout cas que de se remettre à sa musique à soi : une boucle de batterie et un petit riff de synthé bien fat issu du Tone2 ElectraX sur une ligne de Precision Bass à la sauce Schecter, et la journée prend tout de suite un tour plus constructif. Et parce que, maniaque comme vous êtes, vous aurez enregistré tout ça en 24 bits à 96 kHz, vous ne manquerez pas de lire l’article sur le dithering de Craig Anderton. Comme ça, vous pourrez repasser en 44/16 en toute connaissance de cause, graver votre CD audio et lui faire une jolie pochette à l’imprimante jet d’encre. C’est parfois aussi simple que ça de faire un disque…

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 5 février 2011

Vous avez vu le dernier clip de Johnny ? Non ? Je vous résume alors : on y voit le chanteur entouré de son groupe et des deux coauteurs de son album dans un chouette studio d’enregistrement blindé de super matos (magnéto Studer, Telecaster, Gibson acoustique, etc.). Un truc certes un peu artificiel, avec drapeau américain en fond et zicos qui se tapent dans les mains à la fin, mais dont le minimalisme fait dire au magazine Voici : « on dirait une vidéo de bonus d’un DVD de tournée, rien de plus. On y voit Johnny Hallyday (…) en train de bosser en studio. Aucun intérêt. Même une pub Optic 2000 est réalisée avec plus d’imagination. Ou alors… Peut-être qu’on est passés à côté d’un truc. « 

Le truc en question, j’ai dans l’idée que c’est un mot de 7 lettres qui commence par MU et finit par SIQUE et qui, parce qu’il est rattaché à une certaine culture, échappe complètement à des grands reporters passant le plus clair de leur temps à enquêter sur la cellulite de Britney Spears ou les infidélités de Brad Pitt… Comme si le clip et ses plus talentueux réalisateurs, publicitaires pour la plupart, avaient le pouvoir d’apporter quoi que ce soit à la musique. Comme si le fait de voir un cheval courir au ralenti dans un cirque ou des cadavres sortir de leurs tombes pour faire une chorégraphie pesait sur la qualité d’une chanson. Comme s’il y avait, dans ce fatras d’images calibrées ou dans cette débauche de symboles piochés dans la Psychanalyse pour les nuls, quoi que ce soit de plus intéressant qu’une pub pour Optic 2000.

De fait, j’ai beau ne pas être le plus grand fan de Johnny, je me prends à rêver, à la vision de ce clip austère, qu’après avoir passé un bon nombre d’années à porter des cuirs à franges et des tee-shirts Harley Davidson pour donner des airs Wok’n’Woll Attitioude à la variétoche que lui composait Michel Obispoman, son phénoménal organe vocal enregistre enfin son tout premier album de rock… Et c’est vrai qu’avec son esprit Zepelinien et ses 4 minutes où Jojo parvient enfin à contenir son chant, ce ‘Jamais seul’ pourrait bien être le prélude d’un bon disque. A vérifier…

En attendant, quitte à passer pour un extraterrestre aux yeux des mecs de Voici (ce qui n’est pas non plus pour me déplaire), je regarde le clip en m’arrêtant toutes les 15 secondes pour voir la marque de telle guitare ou le positionnement des micros sur la batterie. Et puis après avoir consulté le prix d’un magnéto Studer en état de marche dans les annonces d’AudioFanzine, je retourne sur la page d’accueil du site pour voir ce qui s’y passe. C’est moins glamour qu’un clip de Mondino ou Sednaoui, mais c’est un tout petit peu plus intéressant musicalement parlant vu que Red Led s’est fendu d’un test du tout nouveau Cubase 6 et que cette mise à jour pourrait bien simplifier la vie de pas mal d’utilisateurs du séquenceur de Steinberg. De son côté, Sleepless nous fait la chronique de tous les pianos Tonehammer, sanctionnés à juste titre d’un Award Qualité/Prix. Un peu de pédago pour finir ? La tension d’offset, ça vous dit quelque chose ? A moi, non plus. Raison de plus pour que nous allions lire ensemble le dossier de Craig Anderton sur le sujet.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam.

Edito du 22 janvier 2011

Ça a débuté comme ça. Par un ado norvégien de 13 ans nommé Walter Eikrem et qui, en rentrant de l’école, est tombé nez à gueule avec quatre loups, forcément faméliques, ce qui représente tout de même un total de 8 grands yeux, 8 grandes oreilles, 16 grandes pattes et 168 grandes dents. Equipé  d’une galette et d’un petit pot de beurre, notre petit chaperon nordique n’aurait sans doute eu aucune chance de s’en sortir. Seulement voilà, le gars était armé d’un de ces téléphones portables qui font aussi baladeur MP3 et l’idée saugrenue lui est venue de débrancher ses écouteurs, de pousser le volume de son mobile à fond et de faire écouter le titre ‘ Overcome’ des Creed à la meute. Et devinez quoi ? Les loups se sont sauvés…

Tandis que les opérateurs de téléphones mobiles envisagent déjà de créer un forfait antiloup le week-end et la semaine à partir de 22 heures, les hypothèses vont bon train : d’un côté, les zoomusicologues en déduisent que le canis lupus n’aime pas le rock US, de l’autre, la WWF conclut que la musique de Creed est si mauvaise qu’elle représente un danger pour les animaux. Quant aux audiophiles, ils précisent que le phénomène est bien connu, et qu’avec une platine vinyle atomique, un ampli ionique, des enceintes à neutrons et des câbles à 1000 € le mètre, on pourrait même terrasser un troupeau d’éléphants pour peu que celui-ci daigne se rendre dans un auditorium…

Chez AudioFanzine, on pense plus bêtement que c’est une preuve parmi tant d’autres du pouvoir de la musique et que chaque jour, des millions de musiciens font des milliers de disques qui sauvent la vie de millions de gens… qui ne se rendent compte de rien.

Tenez, vous par exemple : rien qu’à cause de votre passion pour la musique, vous allez sans doute jeter un coup d’œil au best of du NAMM concocté par Red Led, regroupant les 10 produits les plus marquants de cet incontournable salon. Et parce que vous avez à cœur de faire les mixages les plus réussis possibles ou encore de réaliser des parties de cuivres crédibles, vous allez probablement dévorer le dossier de Craig Anderton sur la réplication des courbes de réponse, et lire le test du WiVi Band de Wallander, flanqué d’un Award Qualité/Prix par notre bon Sleepless. Ce faisant, vous prendrez une bonne heure de retard sur votre emploi du temps et lorsque vous quitterez votre domicile pour aller acheter une baguette de pain, les loups qui vous guettaient se seront lassés de vous attendre et seront partis depuis 10 bonnes minutes en quête d’une proie plus ponctuelle… Dingue, non? Comment ça, c’est fumeux comme exemple? Comment ça, vous n’y croyez pas à mon histoire de loup? Moi, tout ce que je dis,  c’est que si Walter Eikrem avait passé autant de temps que vous à lire cet édito, il n’aurait sans doute pas croisé ses quatre loups. Mais du coup, je n’aurais pas écrit cet édito… Et là, ça tourne au Philip K Dick. Le plus simple, avant la migraine, c’est donc qu’on en parle plus.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos

From Ze AudioTeam