Faire de la recherche, c’est ingrat… C’est ingrat parce qu’au terme d’une petite dizaine d’années d’études, il  faut choisir entre deux carrières ingrates :

Soit être bien payé et tester dans de bonnes conditions des gélules minceur sur des chiots  qui, à la base, ne faisaient pas forcément de complexe sur leur poids, pour se convaincre avec peine ensuite qu’on apporte quelque chose d’utile à la société. Le choix du salaud de chercheur en somme, que tout le monde méprise, mais qui roule en BMW.

Soit s’engager sur le chemin vertueux de la recherche publique contre le cancer ou le sida ou pire :  devenir astrophysicien. Ce qui implique d’être payé un gros SMIC pour bosser dans un labo où la machine qui fonctionne le mieux n’est autre que la cafetière Nespresso, cafetière qu’on aura achetée en organisant une vaste collecte au sein du service, évidemment. Le choix du gentil chercheur en somme, que tout le monde trouve noble, mais un peu incompréhensible par son côté masochiste, même si l’Etat lui rembourse la moitié de sa carte de transport.

Le plus ingrat dans tout cela, c’est que, quelle que soit la carrière qu’on embrasse, on a toutes les chances de poursuivre des recherches sans jamais rien trouver de toute sa vie. Et quand bien même on trouverait quelque chose d’énorme comme la théorie de la relativité, on n’est jamais à l’abri de voir, presque un siècle plus tard, un Sciences & Vie titrer ‘Einstein dépassé : 47 galaxies contredisent sa théorie’, tout ça parce qu’un freluquet aura remarqué que « la masse globale d’une galaxie est toujours proportionnelle à la vitesse des étoiles qu’elle contient, à la puissance 4 ».

Rédigeant moi-même à mes heures perdues une thèse mesurant l’impact socio-ethnologique des disques d’Andrea Bocelli, David Garrett et André Rieu dans le référentiel pizzeria, je peux vous assurer que le sujet me touche. Mais je ne désespère pas, car il existe aussi quantité de chercheurs qui, à leur échelle plus ou moins grande, ont fait avancer le schmilblick humain, récoltant alors des lauriers ô combien mérités. C’est le cas lorsque le Dr Myron Cohen et ses acolytes viennent tout juste de découvrir qu’un traitement précoce avec des antirétroviraux élimine à 96 % le risque de transmission du VIH par des personnes séropositives. Mais c’est aussi le cas lorsque Bernard Corde, qui nous a quittés la semaine dernière, découvre un moyen de démocratiser le laser et de le rendre accessible aux laboratoires, facultés et universités de l’époque… ou encore aux éclairagistes : le premier laser synchronisé au rythme de la musique, c’est lui ! Bernard Corde qui va aussi démocratiser la Hi-Fi dans les années 60 puis s’attaquer à la sono, faisant de sa boutique un incontournable pour les DoItYourselfeurs de tous poils… Pour une fois qu’un grand bonhomme de l’audio n’est pas américain, allemand, anglais ou japonais, on ne va pas se prier pour le saluer bien bas…

Tout comme on saluera d’ailleurs le talent de Yann Copier, un sound designer qui nous fait pénétrer les coulisses de son métier lors d’une conférence organisée par Avid : un petit film d’une heure relativement passionnant, où Yann, tel un David Copperfield du son, explique entre autres choses comment faire rentrer un pot de yaourt dans une montre.

Tout aussi fort, Native Instruments parvient avec ses dernières banques de batterie à faire rentrer Abbey Road sur votre disque dur. Le test avec tous ses exemples audio, c’est ici et c’est cadeau.

Et comme il ne saurait y avoir de cadeau sans ruban, on finit avec le troisième contenu de la semaine : le test des Voodoo VR-1 et VR-2, deux micros à ruban abordables signés sE Electronics.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam