L’espèce humaine n’avait rien vu venir : elle craignait le nucléaire, les ouragans, les tremblements de terre ou les tsunamis, elle redoutait le virus Ebola, le SIDA et se méfiait même d’elle-même depuis que Hobbes avait établi que l’homme est un petit chaperon rouge pour l’homme. Mais si prudente qu’elle fût, elle était loin de se douter que, quelque part, posé benoitement sur un étal entre les grappes de tomates et les bottes de radis, bercé par les cris d’un vendeur rougeaud hurlant à la cantonade la beauté des endives ou le prix des poireaux, son plus terrible prédateur attendait son heure : le concombre.

Tuer cinq personnes quand on est un homme, c’est déjà faire preuve d’un certain talent pour le meurtre. Mais quand on est une cucurbitacée d’une trentaine de centimètres tout au plus, inutile de dire que ce genre de palmarès vous classe directement dans le cercle très fermé des armes de destruction massive, catégorie légumes.  Et comme le concombre en question est aussi espagnol que la grippe qui ravagea l’Europe en 1918, on comprend que Zapatero ne soit pas complètement rassuré d’abriter un tel produit du terroir. Après tout, d’autres se sont fait envahir pour moins que ça… C’est d’autant plus inquiétant que la firme américaine Monsanto, célèbre pour ses OGM et pour avoir désherbé le Vietnam à grands coups d’Agent Orange à la glorieuse époque où les scouts faisaient des feux de camp au Napalm, vient tout juste de breveter une nouvelle race de melon, autre cucurbitacée en apparence inoffensive. Une coïncidence peut-être, ou le début de la guerre froide version légume, ou chacun tente de mettre au point la cucurbitacée la plus destructrice qui soit. Et les bazookas de cracher des aubergines. Et le cornichon de remplacer la balle de calibre 7,62 dans les Kalachnikovs. Et Amora de relever le plat du groupe Dassault, délocalisé à Cavaillon pour l’occasion…

Steak ou pastèque ?  Telle sera donc la question shakespearienne qui se posera à chaque repas désormais, coincés que nous sommes entre le concombre espagnol  et la grippe aviaire. La seule issue ? Le champignon. Pas le nucléaire, celui de Paris, la morille, le pleurote ou encore le cèpe. Ce qu’il y a de bien avec les champignons, c’est que ça pousse dans les endroits humides et sombres, soit l’environnement parfait pour faire de la musique. Vous ne me croyez pas ? Demandez donc à Shanka, guitariste de No one is innocent, de vous raconter l’enregistrement et la production de ‘Nothing in this world’ : une batterie dans une cave, y a que ça de vrai ! La (grosse) vidéo produite par Avid sur le sujet vous attend ici…

Et puis quoi d’autre ? Laurel et Hardy version instruments de musique : soit la Raging 5H d’Eagleton, une petite tête d’ampli au prix plancher, et le Minimoog Voyager XL, LE gros synthé analogique qui tue. Et les oreilles et le compte en banque.

Et après ça, que vous restera-t-il à faire ?  Hum… Peut-être répéter pour la prochaine fête de la musique, histoire d’être prêt dans 3 semaines… Et puisqu’il n’est pas de bon concert sans bon public, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’en partenariat avec Noomiz, AudioFanzine vous propose un agenda concert grand luxe à l’adresse www.fete-musique.com. Pourquoi grand luxe ? Parce qu’en plus de pouvoir y annoncer votre concert, vous pouvez même uploader une compo à vous pour que les visiteurs aient un échantillon de ce qu’ils vont entendre. Bref, même s’il reste quelques petits réglages à faire sur le truc, c’est déjà rudement sympathique : comptez sur moi pour vous en reparler…

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
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