C’est l’histoire d’un anonyme qui commence à bidouiller dans un garage avec un pote, et qui finit à la une de tous les journaux 35 ans plus tard.

C’est l’histoire du chef d’une entreprise qui a fait vivre 50 000 personnes dans le monde, en plus d’un paquet de sous-traitants et d’actionnaires.

C’est l’histoire d’un type qui avait l’air cool parce qu’à la différence de la plupart des informaticiens de sa génération, il ne rentrait pas son débardeur dans un pantalon en velours à côtes beigeasse, et qu’il avait troqué les mocassins à pompons pour une paire de baskets, affichant la fausse simplicité d’un vrai dandy.

C’est l’histoire d’un gars qui n’a pas rendu nos ordinateurs complètement beaux, mais qui les a au moins rendus moins moches, si l’on veut bien convenir qu’un parallélépipède de verre et d’aluminium brossé, ça a quand même moins d’intérêt qu’un tableau de Botticelli ou qu’une sculpture du Bernin.

C’est l’histoire d’un nez qui savait flairer le potentiel d’une bonne invention et s’entourer des bonnes personnes pour en faire quelque chose qui ait de la gueule jusque dans le packaging, sans jamais trop s’étendre tout de même sur l’origine des bonnes inventions en question. Sans jamais trop non plus mettre en avant ses collaborateurs.

C’est l’histoire d’un Zidane de la communication qui a appliqué au monde du business la vieille recette du culte du chef jusqu’à devenir la mascotte de sa propre société, et peut être même son principal produit : la vraie bonne méthode pour fabriquer des partisans, comme le firent en leur temps Jules César et d’autres grands leaders pas toujours très démocrates après lui.

C’est l’histoire d’un type aux aspirations contradictoires, cherchant toujours à rendre les ordinateurs plus accessibles du point de vue de l’utilisation, tout en pratiquant une politique de prix élitiste, de sorte qu’on serait bien en peine de savoir aujourd’hui s’il a vraiment participé à la démocratisation des nouvelles technologies.

C’est l’histoire d’un mec qui, à grand coup de présentations Powerpoint (Keynote pardon…), a convaincu la planète entière que c’était un progrès d’acheter des albums de musique virtuels à la qualité dégradée pour à peine moins cher que leur version physique. (Ceux d’entre vous qui ont déjà franchi le pas du disquaire virtuel seront d’ailleurs peut-être intéressés par ce plug-in. Tandis que les autres se réfèreront à ce dossier qui explique comment vendre de bons vieux CD en magasins)

C’est l’histoire d’un personnage qu’il est de bon ton aujourd’hui de qualifier de ‘génie’ ou de ‘visionnaire’. Pourquoi pas si ça donne l’impression à notre classe politique qu’elle est forte en ordinateur? Mais du coup, il faudra juste trouver d’autres mots pour désigner Léonard de Vinci, Galilée, ou encore Joseph Carl Robnett Licklider et Ward Cunningham pour ne citer que des informaticiens…

C’est enfin l’histoire d’un homme qui est mort à l’âge de 56 ans. Et parce que c’est bien jeune pour mourir, c’est triste : il n’y a pas d’autre mot. Et ça l’est d’autant plus que ce n’est pas sur Mark Zuckerberg, Michael Dell ou Steve Balmer qu’on peut compter pour redonner un petit côté funky à l’actu de l’informatique. Pour ça, on se rabattra sans doute sur le Scarbee Funk Guitarist, troisième et dernier test cette semaine.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
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