Un dictateur s’en va, une princesse s’en vient : la vie continue ce recyclage mécanique qui vaut à Lavoisier d’être dans tous les manuels scolaires à la place d’Anaxagore. Et pendant ce temps là, à l’université du Sussex, on découvrait une chanson capable de réduire l’anxiété globale de 65 %. La chose s’appelle Weightless, est un titre du groupe Marconi Union, et parce qu’elle passe progressivement de 68 BPM à 50 BPM, elle ralentirait votre rythme cardiaque selon Lyz Cooper, fondatrice de l’institut britannique de thérapie par le son. Et parce qu’elle n’a « pas de mélodie qui se répète, elle [permettrait] au cerveau de se débrancher complètement, puisqu’on n’essaie pas de deviner ce qui va arriver ». Débrancher le cerveau complètement ? Avouez que l’idée, bien que diamétralement opposée à toute forme d’art, devrait faire son petit effet chez les publicitaires et les patrons de chaines cherchant à vendre du temps de cerveau humain disponible à Coca Cola.

Après, il faut encore que ça marche parce que personnellement, à l’écoute du titre en question, je me suis mis à angoisser terriblement, comme si j’écoutais l’intro d’un 45 tours de Pink Floyd en mode 33 tours sans que la chanson ne commence jamais, comme si j’étais bloqué dans un ascenseur avec un type qui me rejouait toutes les compils Buddha Bar sur un Bontempi, comme si le vendeur du rayon livres de Natures et Découvertes me tendait l’Alchimiste de Paulo Coelho et me passait la main dans le dos avec un sourire ambigu, en me disant : « vous verrez, c’est un peu dur au début, mais tout va bien se passer. » Inutile de dire que je suis sorti de l’ascenseur précipitamment, en bousculant Pink Floyd, le bontempiste et le toutvabiensepassiste en question ; et je me suis rué sur ce que j’ai trouvé en urgence sur mon iTunes : Jesus Saves de Slayer, Barbie Girl d’Aqua et Inch’Allah de Salvatore Adamo. Oui, je sais, j’aurais pu choisir Tom Waits, Léo Ferré et Robert Wyatt. Mais que voulez-vous ? Quand on se noie, on a autre chose à faire que de se soucier du canard jaune qui trône fièrement sur la bouée…

En tout cas, c’est grâce à ces trois là que j’ai pu sortir de ma torpeur, accélérer mon rythme cardiaque, irriguer mon cerveau, me traîner jusqu’à mon ordi, cliquer sur l’icône Word et vous parler des trois articles de la semaine. Parce que tout de même, il aurait été dommage de ne pas parler de l’excellent ampli Bass Terror d’Orange, des plug-ins d’égalisation de Native Instruments et du Ilya Efimov Sound Production Complete Guitar Bundle qui, non content d’être une des meilleures guitares virtuelles du moment, a hérité d’un des plus beaux titres d’article jamais donnés sur AudioFanzine.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine

Los Teignos
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