Miam ! En ce jour binaire du 11/11/11, on apprend qu’Universal, toujours gravement touché par la crise et poussé au bord du gouffre par ces salopards de gosses qui téléchargent de la musique illégalement, vient de gober EMI pour la bagatelle d’1,4 milliard d’euros, mettant ainsi la main sur les catalogues de Virgin, Capitol, Parlophone et Blue Note, entre autres… Quel bénéfice en tirent les artistes ? Personne ne semble se le demander. Pas plus qu’on ne semble s’interroger sur l’intérêt de la chose pour les acheteurs de disques. En revanche, le truc chouette, c’est qu’en terme de parts de marché, Universal pèse encore plus lourd qu’avant. Du coup, j’imagine qu’après une petite restructuration des effectifs d’EMI, Universal pourra avoir des prix de gros encore plus bas auprès de tous ses fournisseurs ou prestataires de services, qu’il s’agisse de fabricants de micros ou de régies publicitaires, et qu’elle pourra dealer les capsules Nespresso à 11 centimes l’unité en les achetant par paquets de 12 000. Moins de coûts, plus de bénéfices : ça ne baissera pas le prix des albums, je vous rassure, mais ça fera grimper les dividendes des actionnaires, ce qui, ne l’oublions pas, est bien plus important que la musique.

Des 6 majors qui se partageaient le monde du disque à la fin des années 80, il n’en reste en tout cas  plus que trois et l’on peut faire confiance à la voracité des financiers pour qu’à la fin, comme dirait Christophe Lambert en regardant à peu près Sean Connery dans les yeux pendant que Freddy Mercury s’époumone en fond sonore, il n’en reste qu’une.

Alors nous vivrons dans ce meilleur des mondes où l’unité règnera, à l’image de ce 11/11/11 : une major pour produire tous les disques, un Google pour tous les trouver, un iTunes pour tous les acheter, un iPod pour tous les écouter et un Facebook pour tous les liker.  Une certaine idée du bonheur et de la liberté en somme, qui doit autant à Huxley qu’à Orwell. Moi je dis : Youpi.

Fort heureusement pour nous, l’industrie du disque et la musique sont deux choses bien distinctes, la première étant essentiellement une affaire de chiffres et de courbes de retour sur investissement, quand la seconde est une affaire de notes, de sons et de silences. Du coup, en marge de cette actualité économique passionnante, je me sens libre de vous parler de choses aussi triviales que de l’Accelerator, un synthé à modélisation analogique signée Radikal Technologies et qui a visiblement tapé dans l’oreille de Synthwalker, du Dark Terror, petite tête guitare plus méchante qu’à l’accoutumée chez Orange, et des deux nouvelles petites interfaces audio conçues par Roland : la Duo-Capture et la Tri-Capture.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam