C’est le crissement d’un couteau ou d’une règle sur une bouteille, celui d’une fourchette sur un verre, et celui d’une craie ou d’ongles longs sur un tableau noir. Mais c’est encore le cri d’une femme, le bruit d’une rape, un crissement de freins, un bébé qui pleure et le vacarme d’une perceuse électrique…

Qu’est-ce que c’est ? Ce sont les 10 sons les plus désagréables pour l’homme selon une étude menée à l’Université de Newcastle, et publiée récemment dans le Journal of Neuroscience. Le but de cette dernière était d’établir, grâce aux technologies d’imagerie cérébrale, un rapport entre le cortex auditif et l’amygdale, la région de notre cerveau qui gère nos émotions (et qui n’a rien à voir avec ces machins rouges qu’on nous arrache au fond de la gorge dans notre tendre enfance, en nous disant qu’on a de la chance parce qu’on va pouvoir manger des glaces).

On s’étonnera évidemment que ce classement ne fasse aucune mention de la fraise du dentiste, du son strident du réveil le lundi matin, du son strident du réveil le mardi matin et du son strident du réveil tous les autres matins de la semaine. On s’étonnera encore qu’il ne fasse aucune allusion au moustique espiègle des chaudes nuits d’étés, à l’alarme antivol de la Renault 19 Chamade garée juste en face de la terrasse calme où l’on a voulu prendre un café pour se remettre de la nuit passée à chercher ce salopard de moustique, au jingle de Cherry FM qui hurle à l’intérieur du café dans lequel on s’est naïvement réfugié pour échapper à la Renault 19 Chamade, et à la chanteuse canadienne qui ne manque jamais de beugler, à un moment ou un autre, son amour meurtri sur les ondes de Cherry FM… Mais comme l’expérience n’a été menée que sur 72 sons, on ne désespère pas de voir ces valeurs sûres du rayage de tympan grimper dans le classement à la faveur d’une autre étude plus complète. Et on va acheter une prise antimoustique, aussi. Ce sera plus sûr.

Voici en tout cas 10 sons détestés pour des raisons que les psychologues et les anthropologues ne manqueront sans doute pas de découvrir, et dont on se demande bien s’ils sont si irrécupérables qu’ils en ont l’air. Il serait intéressant de voir si, à coup de samples judicieusement étalés sur le plus doux des silences, il n’y aura pas moyen de faire une belle musique de ce vacarme qui stresse nos cortex et nos amygdales à tous. Ce serait une belle victoire de l’art en tout cas.

Évidemment, pour ce faire, il faudra déjà les enregistrer, les mixer, les remixer même. Et pour tout cela, il faudra du matériel, comme le double préampli ISA Two de Focusrite par exemple, idéal pour enregistrer ces vilains petits bruits en stéréo. Pour le mixage, on pourra ensuite s’appuyer sur la tranche virtuelle Alloy d’Izotope, ultra complète si l’on en croit Sleepless. Et pour le remix ? Disons qu’on sera bien inspiré de scratcher tout ce petit monde dans la platine DJ SC2900 de Denon. Et si vraiment, il vous manque des outils, vous pouvez toujours aller jeter un œil à la Convention AES de San Francisco qui ne réunit que le beau linge de l’audio pro. Bref, vous avez de quoi faire, sans compter que le concours de mixage Avid/Puremix est sur le point de s’achever et qu’il vous reste quelques jours à peine pour proposer votre version de la chanson de Will Knox.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine

Los Teignos
From Ze AudioTeam