Alors que l’Amérique stupéfaite découvre que Beyoncé n’est pas blanche parce que la chanteuse vient elle-même de prendre conscience qu’elle était noire, alors que la Grande-Bretagne n’est plus tout à fait sûre de faire partie de l’Europe et que la France, déjà durement frappée par l’existence de BFM TV, s’apprête à subir la gratuité de LCI, à  1,3 millions d’années-lumière de nous, deux trous noirs sont entrés en collision et ont fusionnés. Comment le sait-on ? Parce ce que, comme le supposait Einstein, ce genre d’événement génère des oscillations de la courbure de l’espace-temps qu’on appelle ondes gravitationnelles et que, pour la première fois, des scientifiques sont parvenus à enregistrer ce mouvement.

Oh, je sais ce que vous vous dites : on ferait mieux de se préoccuper de LCI qui va nous tomber dessus ou de savoir si oui ou non, l’ONU accepte Pluton dans la zone solaire, plutôt que de s’intéresser à ce qui se passe à l’autre bout de l’univers, d’autant que, selon Donald Trump, la suprématie des trous blancs ne ferait aucun doute. Et vous avez bien tort : d’abord, parce que cette découverte est la plus grande révolution qu’ait connu l’observation astronomique depuis que Galilée a tourné son télescope vers les étoiles, et qu’elle va permettre d’apprendre une foule de choses sur des sujets aussi divers que le big bang, la masse de l’univers ou l’explosion des supernovae, soit des corps et des phénomènes qui étaient beaucoup trop loin pour qu’on les observe, ou qui n’émettaient pas de lumière.  Ensuite parce qu’on aura besoin de savoir tout ça si on veut trouver une exoplanète hors du champ d’émission de LCI et BFM TV. Et enfin parce que l’onde gravitationnelle en question… est une onde ! Et qu’une onde, ça peut s’entendre. Mesdames et Messieurs, voici le bruit que font, vus d’ici évidemment, deux trous noirs qui rentrent en collision.

Je sais, je sais : on est proche de la flatulence stellaire quand vous vous attendiez à un plus grand fracas, ou du moins à quelque chose d’un peu plus grandiloquent ou solennel, dans le genre d’une Toccata qui parlerait à Zarathustra. Mais les trous noirs ne vont pas tout faire non plus, et la musique, après tout, c’est votre boulot. Or, pour le faire, je vous propose de choisir vos armes : l’excellente EAReverb 2 d’EAReckon (un français : Cocorico !), le sympathiquecontrôleur MIDI MPD232 d’Akai (des japonais : Kokekoko !) ou encore lephénoménal Melodyne Studio 4 de Celemony (des allemands : Kikeriki !).*

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam

* Oui, je suis trilingue en coq. Et encore, vous n’avez pas vu mon castor…