Edito du 3 mars 2012

1. C’est le samedi matin : vous avez enfin du temps pour dormir mais c’est précisément pour cette raison que vous vous levez tôt, avant même que votre réveil ne sonne. L’œil pâteux et la bouche vitreuse, vous regagnez la cuisine d’un pas hagard. Si vous décidez de vous faire du thé, allez au paragraphe 13. Si vous êtes plutôt café, allez au 7.

2. Une gorgée de thé et vous poursuivez votre lecture quand votre téléphone portable se met à vibrer : Appel masqué… Zorro ? Un samedi matin ? Alors que vous ne vous souvenez pas de lui avoir donné votre numéro, ni à lui, ni à Don Diego de la Vega, ni même à Bernardo ? On ne vous la fait pas, et pourtant, vous vous demandez tout de même qui peut bien vous appeler de si bon matin. Si vous ignorez l’appel, rendez-vous au paragraphe 15. Si vous décrochez votre téléphone, direction le 11.

3. C’est votre mère : « Allo, Poussin ? Tu as lu mes e-mails ? » Non, vous n’avez pas vu qu’elle vous avait envoyé des e-mails. « Ah, mais c’est pas grave… C’était juste pour te dire d’aller voir au paragraphe 18 ».

4. L’édito se poursuit avec deux monstres énormes aux yeux jaunes : des enceintes de monitoring KRK trois voies à seulement 500 € l’unité. Si vous voulez vraiment avoir les plus grosses, cliquez ici pour lire leur banc d’essai d’abord, ou poursuivez l’édito au paragraphe 12.

5. Au milieu des SPAMs vous attendent trois messages non lus : un de votre mère, la newsletter d’AudioFanzine, et un autre de votre mère. Vous cliquez sur la newsletter quand, tout à coup, on frappe à la porte. Si vous décidez d’ouvrir, rendez-vous au paragraphe 14. Si vous préférez faire le mort, lisez le paragraphe 17.

6. Avec un fort accent d’un pays où les salaires sont moins chers malgré son nom franco-français, Alice Legrand vous réclame un RIB, des tas d’informations et vous demande si vous voulez l’option MMS Visio Plus à 3,90 € par mois pour deux ans d’engagement. Vous revient alors en tête le prospectus du boyscout, de sorte que vous abandonnez l’idée de vos inscrire pour partir en Allemagne avec l’argent économisé. Alice est déçute mais reste polite. Et vous de reprendre la lecture de l’édito au paragraphe 4.

7. Vous placez votre capsule dans la machine Nespresso, mais malgré vos pressions répétées sur le bouton grande tasse qui réveille, l’eau refuse de s’écouler. Si agaçante qu’elle soit, la chose ne vous étonne pas plus que ça vu que votre cafetière hoquette depuis trois bonnes semaines et que vous vous dites chaque matin « ce soir, faut que je détartre la cafetière ». What else ? Du thé. Rendez-vous au paragraphe 13.

8. Qui c’est ? C’est moi, répond le boyscout… Après vous être demandé un temps pourquoi ce gamin n’était pas, comme tout scout qui se respecte, en train de monter sa tente en chantant des chansons d’Hugues Aufray dans je ne sais quelle forêt loin de votre palier, vous vous décidez à lui ouvrir au paragraphe 18.

9. Vous revenez à votre ordinateur pour lire ce fichu édito en buvant votre thé trop infusé. Compliqué cet édito, mais à force de persévérance, vous parvenez à une première bonne nouvelle : le miniBrute d’Arturia, le petit synthé analogique qui a fait sensation au dernier NAMM est enfin en test sur AudioFanzine, avec exemples audio à la pelle et interview exclusive du concepteur. Si vous choisissez de lire cet article, cliquez sur ce lien, ou bien rendez-vous au paragraphe 2.

10. Ultime test de la semaine, celui des Modern Player Marauder et Jaguar proposées par Fender sous la barre des 500 €. Vous vous dites que ça peut valoir le coup d’œil quand, au même moment, votre téléphone sonne, on frappe à la porte et un ‘ding’ vous avertir de l’arrivée d’un nouvel e-mail. Si vous choisissez de lire l’e-mail, rendez-vous au paragraphe 16. Si vous décrochez le téléphone, lisez le paragraphe 3. Si vous voulez tenter la porte, elle s’ouvre au paragraphe 8.

11. Après avoir cherché en vain le paragraphe 15 et avoir conclu à une erreur grossière de l’éditorialiste, après avoir relu le paragraphe 2 pour trouver la référence du paragraphe 11, vous décrochez finalement le téléphone. C’est Alice Legrand, conseillère chez SFR qui vous propose une offre exclusive de forfait tout illimité à seulement 56 € par mois. L’espace d’une seconde, vous pensez à une blague mais Alice semble très sérieuse. Si vous acceptez son offre, rendez-vous au paragraphe 6. Sinon, au nom de toute l’équipe de SFR, je vous souhaite une très agréable journée et vous invite à aller sur notre site pour plus d’information ou du côté du paragraphe 4 pour continuer cet édito.

12. James Cameron l’aura prouvé : quand le Titanic coule, le cinéma se noie mais Hollywood brasse. Or, Hollywood Brass, c’est justement le troisième banc d’essai cette semaine : de quoi redonner du souffle à vos compositions.  Si vous parvenez à écouter une BO complète de John Williams sans vous ennuyer, cliquez ici. Si vous êtes plus branché guitare, c’est au paragraphe 10 que ça se passe.

13. Tandis que l’eau chauffe, vous retrouvez la boîte où vous rangez les infusions : au milieu des verveines et des tilleul-menthes, vous dénichez un modeste Lipton Yellow qui devrait faire l’affaire. De quand date-t-il ? Le thé se périme-t-il ? Votre esprit brumeux entrevoit ces questions tandis que vous versez l’eau trop vivement dans la tasse et que la petite languette de papier Lipton tombe dedans. Vous effectuez le sauvetage à la petite cuillère et regagnez votre ordinateur pour vérifier vos e-mails au paragraphe 5.

14. Une robe de chambre sur les épaules, vous ouvrez la porte sur un boyscout qui vous tend une brochure en vous disant que c’est important, parce que la musique, c’est important. Ah bon, que vous dites en refermant la porte. Sur la brochure, un gros titre rouge : « Partez au Musikmesse de Francfort avec 45 AFiens pour 161 € ». Transport en car, deux nuits en hôtel 4 étoiles : ça semble très intéressant. Si vous décidez de partir en Allemagne, cliquez sur ce lien. Sinon, rendez-vous au paragraphe 9.

16. C’est votre mère : « Mon poussin, va voir au paragraphe 18 »

17. Vous restez immobile pour faire le moins de bruit possible mais voilà que votre réveil se met à sonner. Pris de panique, vous vous ruez vers la chambre avec la grâce d’un éléphant et, comme les coups redoublent à la porte, vous vous résignez, après avoir pressé ‘Snooze’, à aller voir qui vient vous déranger un samedi matin, au paragraphe 14.

18. Le scout se tient bien droit devant vous, comme investi d’une mission, et vous tend avec l’air le plus militaire que peut prendre un enfant de huit ans, un petit papier plié en 12. Vous le dépliez, puis le re-dépliez, puis le re-re-dépliez et le re-re-re-dépliez encore :

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 25 février 2012

Avec 161 €, on peut :

Acheter une dizaine de disques à Universal…
Ou trois cartouches de clopes à la Seita…
Ou un forfait remonte-pente pour 6 jours aux Deux-Alpes…
Ou quinze litres de glace Häagen Dazs Macadamia nut brittle…
Ou deux petits pots de crème de jour multi-régénérante-lift-anti-rides-toutes peaux chez Clarins…

Ou partir 3 jours avec 50 membres d’AudioFanzine au Musikmesse de Francfort, soit le plus grand salon mondial dédié à l’audio, à l’éclairage et aux instruments de musique, le tout logé dans un hôtel 4 étoiles.

Evidemment, pour la même somme, vous pouvez toujours acheter un pot de crème multimachin, 7 litres de glace et un paquet de clopes : chacun fait comme il veut… Mais sachez juste que le 22 mars au soir, lorsqu’à la fin de R.I.S. Police scientifique ou de Blue Bloods, vous aurez donné le dernier coup de cuillère dans le dernier pot de glace et écrasé la dernière cigarette de votre paquet (vous qui ne fumiez pas jusqu’alors), vous risquez d’avoir une terrible déconvenue en vous rendant compte, soudainement, que malgré le génie scientifique de Clarens, vous avez des rides : Là. Là. Et là aussi…

Pendant ce temps-là, en Allemagne, 50 AFiens tout aussi ridés, mais heureux, boiront une bière en parlant musique et en se remémorant cette fameuse troisième semaine de février où Red Led s’est mis en tête de publier quatre bancs d’essai, et non des moindres : celui de la basse Sterling Ray 34 CA, celui des plug-ins Portico de Steinberg, celui de la banque de samples Apocalypse Percussion Ensemble et celui, surtout, du Jupiter-80 de Roland.

Et vous aurez sur ces tests bien des choses à dire, mais vous ne pourrez les dire à personne parce que vous ne serez pas là, tout bêtement. Juste parce que vous n’avez pas osé cliquer sur ce lien…

Avouez que c’est rageant, tout de même, ce rendez-vous manqué avec un bon souvenir.

Aussi rageant que d’attendre le test de l’Arturia Minibrute qui devrait débouler dans le courant de la semaine prochaine, test que notre Synthwalker national a tout particulièrement soigné.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine

Los Teignos
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Edito du 18 février 2012

Ce n’était pas à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. Non. Mais ce n’était beaucoup moins loin non plus : au-delà des vastes plaines et des plateaux herbeux de l’Est, par-delà les forêts séculaires, à ce point d’horizon que les cigognes ne semblent jamais pouvoir atteindre, au-delà de Krondor, au-delà du Mordor : Francfort.
Une ville étonnante qui entretenait les contrastes les plus singuliers : d’un côté, le futurisme anguleux des buildings, tout en verre et béton,  au bas desquels feulaient les plus modernes berlines,  et de l’autre, la douceur pastorale de ces troupeaux de saucisses paissant paisiblement dans le lointain, sous le regard bienveillant de géants en sandales. Francfort était tout cela, ce précipité d’Allemagne contemporaine… Mais c’était aussi et surtout un lieu de pèlerinage pour tous ceux qui avaient reconnu dans le ‘Ut queant laxis resonare fibris…’ de Paul Diacre l’appel d’une foi particulière : les musiciens.
Chaque année au printemps s’y tenait le plus formidable des salons consacrés à l’audio, à l’éclairage et aux instruments de musique : le Musikmesse. Une foire à nulle autre pareille où s’étendait sur des kilomètres carrés tout ce que l’homme avait inventé de plus ingénieux pour habiller d’un peu d’harmonie le silence existentiel. Il y avait là des guitares de toutes formes, des pianos de tous bois, des batteries de toutes tailles et des projecteurs de toutes couleurs. Et il y avait les musiciens surtout, les grands, les petits, les pros, les débutants, hommes, femmes et enfants de toutes nationalités qui, une fois dans l’année, pouvaient parler la même langue dans cette Babel accueillante : ‘Ut queant laxis resonare fibris…’.
Enfin bon, je vous rassure : il y avait aussi des chevelus pour faire saigner les amplis, des DJ pour pulvériser les boomers, des batteurs pour faire cracher les crashes, et des électroniciens ou des informaticiens, lunettes sans monture, calvitie naissante et pull marron rentré dans un pantalon de velours côtelé, pour présenter leurs compresseurs, EQ et préamp pour les uns, et leurs plug-ins pour les autres…
Bref, un Musikmesse, quoi! Comme celui de mars prochain. Auquel – et c’est surtout là que je veux en venir – vous pouvez vous rendre avec nous pour la modique somme de 161 €, transport en car et hôtel 4 étoiles compris (zéro bénef là-dessus, je le précise).
Pourquoi viendriez-vous ? Parce que le car est déjà réservé, qu’il y a 47 places à remplir et que, tout de même, bien qu’Internet soit un foôormidable outil de communication, c’est aussi bien de se voir pour de vrai, fusse pour envahir l’Allemagne. Moi j’y serai en tout cas. De sorte qu’il ne reste déjà plus que 46 places. Will Zégal aussi y sera : 45… Bref, ne tardez pas à aller sur cette page pour nous faire le plaisir de vous joindre à la fête. On vous attend.
A présent que vous avez vérifié dans votre agenda et dans l’œil de votre compagne ou compagnon qu’effectivement, le 22 mars prochain, vous pourriez peut-être vous permettre une escapade outre-Rhin, voyons les articles de la semaine : du léger et du virtuel.
Le léger, c’est ce petit ampli guitare signé Yamaha : idéal pour jouer dans un car, par exemple. Quant au virtuel, c’est du lourd au contraire, avec Reason 6 d’un côté, le séquenceur signé Propellerhead, et MachFive 3 de l’autre, le sampler virtuel selon MOTU et qui nous revient plus en forme que jamais. Avec tout ça, j’ai presque oublié de vous dire qu’on organise un voyage pour le Musikmesse de Francfort. Mais bon, on ne va pas en faire tout un édito, non ?
Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.
Los Teignos
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Edito du 11 février 2012

En dehors de ces deux grands types qui avaient soudainement traversé la rue, il n’avait rien vu venir ce soir là : ni la droite qui lui avait écrasé le sternum, ni le sac qu’on lui avait mis sur la tête, ni le scotch sur sa bouche et sur ses poignets, et encore moins le coffre dans lequel il allait passer le quart d’heure suivant. Ce quart d’heure d’un siècle…

Pourquoi ? Pour de l’argent ? Il n’en avait pas. Une vengeance ? Il ne voyait pas qui aurait pu lui tenir rigueur de quoi que ce soit… Alors qui ? Des sadiques ? Des trafiquants d’organes ? La mafia ? Toutes les hypothèses tournaient dans sa tête tandis que la voiture ralentissait. Le grincement d’une porte de garage. Le crissement souple des pneus sur le gravier. Puis l’immobilité. Le silence. Le cœur qui bat, dans le noir, et pousse le sang le long des tempes, croisant la sueur qui redescend. Deux portières qui claquent,  l’une après l’autre. Et le noir, toujours le noir. La bouche sèche d’un seul coup derrière ce putain de bâillon. Le coffre qui s’ouvre. On le saisit, on le met tant bien que mal debout, on le pousse dans le dos : « Marche ». Et au bout de 20 mètres : « Assis toi « . Le cœur proche de rompre quand on enlève le sac, quand on arrache le bâillon ; lumière en pleine gueule, et toujours la même voix, derrière l’ampoule aveuglante :

« T’es guitariste, non ?
– Euh, oui… Mais qu’est-ce…
– Je t’explique : on a une nuit pour enregistrer 12 guitares électriques sur 3 amplis, et dans toutes les positions de micros. Et on va le faire dans 5 styles musicaux.
– Mais…
– Mais rien. Si tu fais ce qu’on te dit, que tu joues tout au clic, demain matin on te ramène chez toi et on te file même un billet pour le dérangement. Des questions ?
– Mais…
– C’est pas une question, ça.
– Mais…
– Ok, je vois qu’on est d’accord. Tiens, commence par la SG là, après on attaquera la Telecaster, puis la Strat. Les tablatures sont devant toi… Joue bien, sinon on va être obligé de te garder tout le week-end… »

Voilà, c’était le cacheton le plus improbable de toute sa vie de guitariste. Jouer des centaines de fois la même chose pour deux espèces de maniaques, dans une cave, devant une caméra. Il avait même eu droit à un sandwich et une bière chaude à la pause. Tout ça pour quoi ? Il ne le saurait sans doute jamais… Sur une table, non loin de la, deux enceintes XPS 2.0 80 DJ Monitor d’Hercules, et contre le mur du fond, une basse Cort Arona 5 : pas de quoi en tirer des conclusions… Alors jouer, jouer encore, jouer toujours, jusqu’à s’en user les doigts et les oreilles…

Jusqu’à ce que l’autre type, celui qui n’avait encore rien dit, se lève et lui présente un écriteau : « Maintenant tu regardes la caméra et tu lis ça. Après ce sera fini… »

Et il avait lu, sans trop chercher à comprendre, parce qu’après ce serait fini :

« Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.
Los Teignos
From Ze AudioTeam »

Edito du 4 février 2012

A l’heure où les supermarchés Picard passeraient pour des hammams, la grande découverte de la semaine, c’est assurément celle du ‘froid ressenti’ que nous expliquent actuellement tous les météofrançologues : une formule mathématique qui, en corrélant la température et la vitesse du vent, permet aux médias de titrer qu’il fait -15° alors que le thermomètre n’affiche que -5°, et de se rapprocher de notre impression qu’effectivement, ce matin, quand même, brrrr, je sais pas chez vous, mais ici, ça caille… On s’y verrait presque, la chapka sur les oreilles, avaler une douzaine de pancakes et une rasade de vodka avant de mettre une peau d’ours et d’aller bosser en traîneau tiré par des chiens…

Ce qu’il y a de sûr en tout cas avec cette notion de ressenti, c’est qu’elle a de l’avenir à l’approche des élections : en multipliant la température estivale par le taux de recul des neiges éternelles, les écolos nous parleront sans doute bientôt d’un réchauffement climatique ressenti de 124°, tandis que du côté de l’extrême droite, on multipliera tout ce qui n’est pas blanc par tout ce qui n’est pas blond pour évoquer une immigration ressentie de 8 milliards d’étrangers. Et c’est sans parler de la dette ressentie, de la crise ressentie ou du pouvoir d’achat ressenti qui, à coups de chiffres astronomiques, tenteront de nous persuader qu’on est dans la merde ressentie, et que notre bonheur ressenti dépend sans l’ombre d’un doute de ce candidat ou de cette candidate pleins de bons ressentiments.

Pour suivre la mode, sur AudioFanzine, il est question cette semaine du ressenti des cordes de basse au travers d’un splendide dossier du Doktor Sven. En vis-à-vis de cela, vous aurez aussi droit à mon ressenti sur l’enregistreur portable Zoom H2n, tandis que pour tester les nouveaux amplis guitare d’Ampeg (oui, guitare, vous avez bien lu), nous sommes allés recueillir le ressenti de 5 AFiens en plus du banc d’essai de Red Led. Bon, je vous rassure, le ressenti d’un musicien est autrement plus simple à comprendre que celui d’un météorologue dont le métier consiste à prévoir l’imprévisible. Et vu qu’il fait un froid à ne pas mettre un canard avant les bœufs dehors, je pense que vous avez tout le temps pour lire cela, devant une tasse de ce que vous voulez, pourvu qu’elle soit bien chaude.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 28 janvier 2012

Info ou intox, la rumeur enfle sur le net que Megaupload aurait été mis hors service par le FBI parce que la première plateforme de téléchargement au monde s’apprêtait à sortir une offre légale rémunérant directement les artistes sans passer par les maisons de disques ou les majors du cinéma… Si l’on pourra douter de ces nobles intentions révélées après coup, on ne doutera pas en revanche de la vanité de la lutte contre le piratage, puisque tous ceux qui utilisaient les services de partage de fichiers en ligne comme Megaupload se sont à présent rués sur d’autres solutions tout aussi illégales : BitTorrent, Newsgroups, etc.

Pendant ce temps là, sur iTunes, champion de la vente de musique ou de films en VOD, le Citizen Kane d’Orson Wells est toujours absent du catalogue bien qu’il soit considéré depuis 70 ans par la plupart des critiques comme le film le plus important de l’histoire du cinéma. Vertigo d’Hitchcock ? Non, mais vous avez droit à Psychose… en VF uniquement et sans aucun bonus évidemment. Idem pour le Barry Lyndon de Kubrick. Et ne cherchez pas les Marx Brothers ou Chaplin, Bergman ou Pasolini : on les a troqués pour James Cameron et Michael Bay…

Pendant ce temps là, sur Amazon, on trouve aussi des albums qui sont vendus plus chers en téléchargement qu’en vrai CD…

Et pendant ce temps là, personne ne semble remarquer que des millions d’utilisateurs de Megaupload payaient pour utiliser cette plateforme. Ainsi donc ces criminels auraient gardé un budget pour consommer de la culture ? Ainsi donc, ils seraient prêts à payer pour voir des films et écouter de la musique ? Peut-être même qu’ils ne détesteraient pas foncièrement les artistes ?

« Mais quoi ?

Ils voudraient avoir le choix ? Et un service et des contenus de qualité ? C’est honteux : appelez-moi tous les gouvernements du monde ! A coup de loi, d’amendes, et de prison, on va les faire rentrer dans le rang, dès leur plus jeune âge, et ils achèteront ce qu’on leur dit d’acheter au prix que nous avons fixé. Et à coup de publicité pavlovienne, nous les ferons s’équiper d’une télé 3D pour qu’ils soient contraints de racheter un à un tous les films qu’ils avaient achetés en DVD. Et nous remasteriserons tous les disques, en les compressant au maximum au passage, pour qu’ils se sentent obligés de racheter toute leur discothèque tout en s’abîmant les oreilles. Car du point de vue industriel, un bon consommateur de disques est un consommateur sourd, aussi vrai qu’un bon téléspectateur est un téléspectateur aveugle. Et ne me parlez plus de développer une offre de qualité : ce n’est pas avec ça qu’on fait de la marge.

Comment ça, il y a encore des gens attachés à l’idée de qualité ? Et qui c’est ce George Massenburg ? Et qui c’est ce Hubert Salou ? Des ingénieurs du son ? Vous voulez dire ce genre de types qu’on paye de moins en moins pour les obliger à faire des mixages de plus en plus forts ? Le genre de gugusses à aller au NAMM, c’est ça ? Et qui s’expriment ? Sur quoi ? Sur AudioFanzine ? Un site web plein de musiciens ? Et ils achètent des disques ces gens-là, ces musiciens ? Parce qu’autant vous le dire tout de suite : si ce n’est pas le cas, ils ne m’intéressent pas… »

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine

Los Teignos
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Edito du 14 janvier 2012

« Y a des jours de bonheur(eux)
Y a des jours de malheur(eux)
Y a des moments de plaisir(eux)
Y a des moments qui font souffrir(eux)
(…)

Y a des moments de panique(eux)
Des moments de lassitude(eux)
Des moments on s’emballe(eux)
Des moments on se relâche(eux)
(…)

La misère(eux) : personne ne veut la vivre(eux)
La souffrance(eux)  : personne ne veut la vivre(eux)
La galère(eux)  : personne ne veut la vivre(eux) »

Soyons rassurés : Amadou et Mariam n’ont rien perdu de leur puissance poétique, comme en témoigne cette idée géniale de rajouter des (eux) à la fin des vers de la chanson, ce qui plombe un peu plus, s’il était besoin, ce constat doux amer, mais ô combien lucide sur la difficile condition humaine.

Soyons rassurés aussi : Bertrand Cantat n’a rien perdu de son engagement, puisqu’il chante à leurs côtés ce brûlot dénonciateur qu’est ‘Oh Amadou’, brûlot qui fait suite à « la dictature dans la politique, ce n’est pas bon, ce n’est pas bon, nous n’en voulons pas », entre autres.

On m’objectera certes qu’à l’heure où Joey Starr chante avec Nicoletta sur le plateau de Michel Drucker, tout est possible. On me dira également qu’en ces temps où un ancien champion de la FFF essaye de récolter 500 signatures pour remplacer le perdant du triple AAA à la tête de l’Etat, ça n’a rien de bien étonnant. Mais tout de même, avec des textes qui feraient passer Florent Pagny pour un prix Nobel de littérature, Amadou et Mariam poussent assez loin l’art de la décérébration. Au moins aussi loin que TF1, c’est dire…

Du coup, avant de subir d’irrémédiables séquelles, on préférera faire sa propre musique à soi, avec le Sequel de Steinberg par exemple, en test cette semaine, ou en allant s’acheter une basse. Et pour la choisir, rien de tel que le guide concocté avec amour par notre quatre-cordiste à nous, David Lo Pat. Surtout, on ne manquera pas l’avant-dernier épisode de notre série de vidéos consacrées à George Massenburg : si vous voulez savoir pourquoi ce grand ingé son déteste les casques ou pourquoi il traite Phil Spector de ‘dick’, c’est le moment ou jamais.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
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Edito du 7 janvier 2012

Comme l’ont sans doute prédit les Mayas, 2012 sera assurément une sale année pour les joueurs de flûte de pan : alors qu’ils tenaient, avec André Rieu et Richard Clayderman, le monopole de la musique d’ambiance, non seulement dans les mauvaises crêperies, mais aussi dans les mauvaises pizzerias, les voilà qui vont désormais devoir partager leur chasse gardée avec Il Divo, quatre chanteurs à l’exceptionnel pouvoir évocateur : écoutez pour vous en convaincre leur reprise du Hallelujah de Léonard Cohen en fermant les yeux, et vous sentirez immanquablement l’odeur de la Regina mi-cuite et de sa coupe de glace deux boules dans la formule à 9,90 €, le midi seulement, hors week-end et jours de fête. Sur certains tremolos, on distinguerait presque le papier du set de table ‘Forza Italia’ et la petite coupelle de bonbons Krema à côté de la caisse…

Mais 2012 sera en revanche une bonne année pour les violonistes n’ayant pas des millions à investir dans leur copain à 4 cordes, si l’on en croit Claudia Fritz, chargée de recherches en acoustique musicale au CNRS. Pourquoi ? Parce que dans le sillage de ses nombreuses recherches autour du son des violons, la dame s’est amusée à faire tester en double aveugle six instruments à une vingtaine de violonistes de haut niveau : trois neufs et trois vintage, dont un stradivarius numéroté 01 valant la peau des yeux des bras de la tête. Résultat ? Dans l’ensemble, les musiciens auraient eu toutes les peines du monde à distinguer le neuf du vieux, pour généralement préférer les violons récents, au grand dam du fameux stradivarius qui aurait reçu le moins de suffrages de tous les instruments… Serait-ce à dire que cette fameuse loi du Vintage qui veut que plus un instrument est vieux, mieux il sonne, n’aurait absolument aucun fondement ? Serait-ce à dire que, comme dans bien des domaines, nous serions portés à penser que ce qui est cher est meilleur ? Je vous laisse en tirer vos propres conclusions. Et je vous laisse également extrapoler la chose au monde des guitares, des kazoos ou de tout autre instrument ou matériel audio, d’ailleurs…

Du coup, même les heureux possesseurs d’une antique Jazz Bass pourraient bien s’intéresser au test des Modern Player Jazz Bass et Telecaster Bass de Fender, premier article que nous vous proposons cette semaine. Quant à ceux qui se demandent depuis le début de cet édito si un bon chœur virtuel ne vaudrait pas un mauvais quatuor réel, je les renvoie au banc d’essai de Mars, banque de samples vocaux concoctée par Soundiron.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos

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Edito du 24 décembre 2011

Fin 2011 : le scandale des prothèses qui éclatent éclate. Hasard ? Message subliminal ? A 4 mois des présidentielles, l’actu se sera en tout cas débrouillée pour nous faire passer un Noël mammaire, troquant ainsi le blanc pour le vert. Et la chose est d’autant plus surréaliste que les chirurgiens esthétiques des quatre coins du globe doivent désormais rassurer leurs patientes une à une en leur affirmant, radiographie à l’appui que, non, ceci n’est pas une PIP…

En ce 23 décembre et du haut de ses 4 ans, Jeanne n’a en tout cas aucune idée de ce qu’est une prothèse mammaire vu que ses Barbies sont plates et que c’est très bien comme ça. Tout ce qu’elle sait, c’est que ce soir, c’est le réveillon et que, tandis que les grands passeront des heures à table, elle pourra finir sa soirée tranquillement dans le canapé, devant un bon dessin animé : une fois n’est pas coutume. S’endormir sans même s’en rendre compte. Et quelques minutes de sommeil plus tard, se réveiller dans son lit, à 7 heures le dimanche, courir réveiller Papa et Maman en sautant sur le bout du lit. Faire tout son possible pour les tirer dans le salon. Alors, tandis que l’odeur du café emplira la cuisine encore en désordre de la veille, sous le regard hagard et attendri de ses parents, elle aura la permission de se jeter sur les paquets au bas du sapin. Et entre autres choses, le Père Noël lui aura apporté cette drôle de petite guitare à sa taille : un « youkouyéyé ».

Les Noëls passeront et Jeanne ouvrira chaque année toutes sortes de cadeaux : poupées, légos, playmobils, jeux vidéo, jeux de société, bouquins divers et variés. Des vêtements aussi, de Princesse d’abord, de fillette ensuite et de jeune fille enfin, du maquillage, du parfum…

Et puis, une douzaine d’années plus tard, par un mercredi pluvieux, elle s’ennuiera un peu et il lui viendra l’idée saugrenue d’aller déterrer les vieux disques qui dorment au garage, tous les trucs que ses parents écoutaient autrefois, de l’époque révolue des CD. Et par ce mercredi pluvieux, la voix de Polly Jean Harvey viendra habiter le silence de la maison comme elle ne l’avait plus fait depuis longtemps : « I lost my heart under the bridge. That little girl. So much to me… »

Jeanne écoutera la chanson trois fois, puis montera le vieux carton de disques dans sa tanière, pour regarder tout ça d’un peu plus près. Et, sans trop savoir pourquoi, elle se souviendra à un moment du vieux ukulele de son enfance. Il sera évidemment désaccordé, mais qu’importe, elle saura que la lumière qu’elle a entrevue dans le garage, c’est avec ce genre d’instrument qu’on la trouve.

Alors Jeanne se fera offrir une guitare pour le noël suivant, et elle récupèrera tout le vieux matos musical de son paternel : des câbles par kilomètres, des cartes son vintage comme la Roland Quad Capture ou la PreSonus Audiobox 22VSL, et des contrôleurs comme les CMC de Steinberg. Et elle fera de la musique de tout cela, seule d’abord puis avec des potes. Et jamais plus elle ne s’emmerdera un mercredi.

Et puis, au fond du carton de disques, elle trouvera un petit bout de papier qu’elle n’avait jamais remarqué : « Sur ce, bon week et à la semaine prochaine ». Mais qu’est ce que c’est que ce truc? Et c’est qui ce Los Teignos from Ze AudioTeam, d’abord ?

Les citations approximatives sont en ligne !

Dans la série fonds de tiroirs, je vous présente les citations approximatives.

De quoi s’agit-il ? D’une soixantaine (pour l’instant) de citations d’hommes et de femmes, illustres ou inconnus, réels ou fictifs. Les historiens comme les biographes contesteront sans doute l’authenticité de ces dernières et ils auront bien raison. Mais comme personne ne pourra jamais réellement prouver que ces paroles n’ont pas été prononcées, j’en profite.

Tout ça se trouve dans la colonne droite du site, dans la partie haute.

Enjoie, comme on dit chez les anglais !