Edito du 12 mai 2012

Les urnes ont parlé : c’est donc l’homonyme des Pays Bas qui devra veiller sur notre PIB. Si personne ne sait encore qui sera à quel poste dans la nouvelle équipe gouvernementale, on sait déjà, toutefois, que le ministre de la Culture actuel sera probablement reconduit dans ses fonctions. Non, je ne parle pas de cet animateur télé qui aura tenté, en vain, de se faire un prénom, mais bel et bien du véritable ministre de la culture de ces 5 dernières années : Monsieur Google.

Continue reading « Edito du 12 mai 2012 »

Edito du 28 avril 2012

On peut faire bien des choses entre deux tours :
Quand on est un homme politique en lice pour les élections présidentielles, on peut participer à un débat pour savoir si le bonnet blanc sera en définitive plus bleu que rouge… ou l’inverse du contraire, l’essentiel étant de ne pas être d’accord avec les propos scandaleux tenus par le camp opposé car, comme chacun sait, le camp opposé est un con.

Continue reading « Edito du 28 avril 2012 »

Edito du 10 mars 2012

Après avoir présenté une émission de science-fiction dans des costumes ridicules, après avoir été conspués par la communauté scientifique au sujet de leurs thèses de doctorat comme de leurs publications en astrophysique, après avoir fait des choses aussi bizarres qu’étranges avec leurs têtes, il se pourrait bien qu’Igor et Grichka Bogdanoff, finalement, soient parvenus à inventer quelque chose dans le sillage d’Eubulide et de son célèbre paradoxe du menteur : le paradoxe du votant.

Continue reading « Edito du 10 mars 2012 »

Edito du 4 février 2012

A l’heure où les supermarchés Picard passeraient pour des hammams, la grande découverte de la semaine, c’est assurément celle du ‘froid ressenti’ que nous expliquent actuellement tous les météofrançologues : une formule mathématique qui, en corrélant la température et la vitesse du vent, permet aux médias de titrer qu’il fait -15° alors que le thermomètre n’affiche que -5°, et de se rapprocher de notre impression qu’effectivement, ce matin, quand même, brrrr, je sais pas chez vous, mais ici, ça caille… On s’y verrait presque, la chapka sur les oreilles, avaler une douzaine de pancakes et une rasade de vodka avant de mettre une peau d’ours et d’aller bosser en traîneau tiré par des chiens…

Ce qu’il y a de sûr en tout cas avec cette notion de ressenti, c’est qu’elle a de l’avenir à l’approche des élections : en multipliant la température estivale par le taux de recul des neiges éternelles, les écolos nous parleront sans doute bientôt d’un réchauffement climatique ressenti de 124°, tandis que du côté de l’extrême droite, on multipliera tout ce qui n’est pas blanc par tout ce qui n’est pas blond pour évoquer une immigration ressentie de 8 milliards d’étrangers. Et c’est sans parler de la dette ressentie, de la crise ressentie ou du pouvoir d’achat ressenti qui, à coups de chiffres astronomiques, tenteront de nous persuader qu’on est dans la merde ressentie, et que notre bonheur ressenti dépend sans l’ombre d’un doute de ce candidat ou de cette candidate pleins de bons ressentiments.

Pour suivre la mode, sur AudioFanzine, il est question cette semaine du ressenti des cordes de basse au travers d’un splendide dossier du Doktor Sven. En vis-à-vis de cela, vous aurez aussi droit à mon ressenti sur l’enregistreur portable Zoom H2n, tandis que pour tester les nouveaux amplis guitare d’Ampeg (oui, guitare, vous avez bien lu), nous sommes allés recueillir le ressenti de 5 AFiens en plus du banc d’essai de Red Led. Bon, je vous rassure, le ressenti d’un musicien est autrement plus simple à comprendre que celui d’un météorologue dont le métier consiste à prévoir l’imprévisible. Et vu qu’il fait un froid à ne pas mettre un canard avant les bœufs dehors, je pense que vous avez tout le temps pour lire cela, devant une tasse de ce que vous voulez, pourvu qu’elle soit bien chaude.

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 28 janvier 2012

Info ou intox, la rumeur enfle sur le net que Megaupload aurait été mis hors service par le FBI parce que la première plateforme de téléchargement au monde s’apprêtait à sortir une offre légale rémunérant directement les artistes sans passer par les maisons de disques ou les majors du cinéma… Si l’on pourra douter de ces nobles intentions révélées après coup, on ne doutera pas en revanche de la vanité de la lutte contre le piratage, puisque tous ceux qui utilisaient les services de partage de fichiers en ligne comme Megaupload se sont à présent rués sur d’autres solutions tout aussi illégales : BitTorrent, Newsgroups, etc.

Pendant ce temps là, sur iTunes, champion de la vente de musique ou de films en VOD, le Citizen Kane d’Orson Wells est toujours absent du catalogue bien qu’il soit considéré depuis 70 ans par la plupart des critiques comme le film le plus important de l’histoire du cinéma. Vertigo d’Hitchcock ? Non, mais vous avez droit à Psychose… en VF uniquement et sans aucun bonus évidemment. Idem pour le Barry Lyndon de Kubrick. Et ne cherchez pas les Marx Brothers ou Chaplin, Bergman ou Pasolini : on les a troqués pour James Cameron et Michael Bay…

Pendant ce temps là, sur Amazon, on trouve aussi des albums qui sont vendus plus chers en téléchargement qu’en vrai CD…

Et pendant ce temps là, personne ne semble remarquer que des millions d’utilisateurs de Megaupload payaient pour utiliser cette plateforme. Ainsi donc ces criminels auraient gardé un budget pour consommer de la culture ? Ainsi donc, ils seraient prêts à payer pour voir des films et écouter de la musique ? Peut-être même qu’ils ne détesteraient pas foncièrement les artistes ?

« Mais quoi ?

Ils voudraient avoir le choix ? Et un service et des contenus de qualité ? C’est honteux : appelez-moi tous les gouvernements du monde ! A coup de loi, d’amendes, et de prison, on va les faire rentrer dans le rang, dès leur plus jeune âge, et ils achèteront ce qu’on leur dit d’acheter au prix que nous avons fixé. Et à coup de publicité pavlovienne, nous les ferons s’équiper d’une télé 3D pour qu’ils soient contraints de racheter un à un tous les films qu’ils avaient achetés en DVD. Et nous remasteriserons tous les disques, en les compressant au maximum au passage, pour qu’ils se sentent obligés de racheter toute leur discothèque tout en s’abîmant les oreilles. Car du point de vue industriel, un bon consommateur de disques est un consommateur sourd, aussi vrai qu’un bon téléspectateur est un téléspectateur aveugle. Et ne me parlez plus de développer une offre de qualité : ce n’est pas avec ça qu’on fait de la marge.

Comment ça, il y a encore des gens attachés à l’idée de qualité ? Et qui c’est ce George Massenburg ? Et qui c’est ce Hubert Salou ? Des ingénieurs du son ? Vous voulez dire ce genre de types qu’on paye de moins en moins pour les obliger à faire des mixages de plus en plus forts ? Le genre de gugusses à aller au NAMM, c’est ça ? Et qui s’expriment ? Sur quoi ? Sur AudioFanzine ? Un site web plein de musiciens ? Et ils achètent des disques ces gens-là, ces musiciens ? Parce qu’autant vous le dire tout de suite : si ce n’est pas le cas, ils ne m’intéressent pas… »

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito non publié du 22 janvier 2011

Ça a débuté comme ça. Avec un animateur télé devenu ministre de la culture se faisant dicter sa conduite par un avocat, pour ne surtout pas faire de vagues. Il n’était pas si loin ce temps sinistre où l’on brûlait les livres, alors on a fait plus soft, plus présentable : à l’occasion d’une cérémonie vouée à célébrer les plus grands écrivains français, on a effacé, sans grand fracas, le nom  de Louis-Ferdinand Céline, un colosse de l’histoire littéraire, comme si l’art devait se conformer au manichéisme, comme s’il était insupportable d’imaginer et de se souvenir qu’un homme puisse à la fois être un écrivain de génie et un raciste imbécile, comme s’il était impossible que les deux plus grandes figures de la littérature française du XXème siècle soient, et juif pour le cas de Marcel, et antisémite pour celui de Louis-Ferdinand, et que c’est justement dans cette contradiction que réside toute la complexité de la culture française, et toute sa beauté. Comme si, à la fin, il fallait séparer le bon grain de l’ivraie, épurer la culture de ce qui gêne les uns ou les autres, selon leur bon plaisir. Et qui d’autres après ? Lewis Caroll le pédophile ? Rimbaud le trafiquant d’armes ? Les musiciens Phil Spector ou Bertrand Cantat, coupables d’homicides?  Jimi Hendrix, toxicomane ? Miles Davis, souvent grognon à ce qu’il parait ?

Le plus triste dans cette affaire, ce n’est pas tant cette tentative d’effacer l’œuvre de Céline, dont Le Voyage au bout de la Nuit ou Mort à Crédit ont habité quelques uns des plus grands écrivains depuis et continueront de le faire bien après que plus personne ne sera là pour se souvenir de Fréderic Mitterrand ou de Serge Klarsfeld, mais c’est de se dire que si le ministre et l’avocat avaient eu pour intention de fabriquer des antisémites, de ceux qui s’imaginent que je-ne-quelle société secrète dirige le monde dans l’ombre, ils n’auraient pas pu mieux s’y prendre.

Commentaire a posteriori

Pour le contexte, on pourra se reporter à ces divers articles.

Quant au fait que je n’ai pas publié l’édito en question, j’avoue que j’avais juste la flemme de batailler sur cette question à ce moment-là, une semaine après un autre édito qui avait été houleux au niveau des commentaires et qui m’avait pourri le week-end. Pas envie de voir ma position simplifiée par certains, ni de pousser les gens dans des argumentaires délicats. Pas envie d’aboutir à une discussion où les mots ‘fasciste’, ‘nazi’ et ‘anti-sémite’ auraient pu fuser à la légère. Du coup, j’ai opté pour une actu autrement plus légère.

Edito du 10 décembre 2011

Cette nuit, les  flocons sont si gros que les étoiles semblent glisser du ciel, et c’est avec mille précautions que la neige embrasse la vallée : les épaules des grands sapins, le dos tranquille des pierres au bord des ruisseaux figés, et le toit pentu des chalets où fument paisiblement les cheminées des hommes. A chaque petite maison ses congères, et à chaque fenêtre dorée sa buée qu’on essuie d’un revers de manche. Et que voit-on alors ? On voit le petit Paul, pyjama bleu et chaussons rouges, qui réajuste une boule sur l’arbre de Noël en jetant un regard rêveur vers l’âtre. On voit Maman qui dessine des yeux de sucre sur les bonshommes de pain d’épice tout juste sortis du four. On voit enfin Papa qui tire calmement sur sa pipe en dépliant son journal. Et qu’est-ce qu’il dit le journal ? Il dit qu’on est en 1950, dans une image d’Epinal qui fait la part belle au patriarcat, et qu’en 2011, à deux semaines de Noël, ce ne sera pas la même chanson : Pleased to meet you / Hope you guess my name

Il flottera d’abord. Et les grands n’auront pas attendu le 25 pour se faire des cadeaux : agacée par le fait que le dissident Liu Xiaobo ait reçu le prix Nobel de la paix en 2010 bien qu’il soit en prison, la Chine créera le prix Confucius de la paix qu’elle offrira pour l’année 2011 à… Vladimir Poutine. Et tandis que cette audacieuse récompense ne manquera pas de réveiller les fantasmes maccartistes,  au point que certains se demanderont ce qu’est devenu Supercopter et si, oui ou non, c’était vraiment Jan-Michael Vincent qui jouait du violoncelle dans le générique de ce monument propagandiste, le président français se fendra lui aussi d’un cadeau qui sent le sapin aux policiers de la BAC : 150 fusils à pompe, censés les aider à lutter contre les délinquants qui sont désormais armés de Kalashnikov. Qui sera le plus fort de la Kalash ou de la Pompe ? Nul ne le sait encore, mais parce qu’elle soulagera très certainement notre démographie asphyxiée de quelques âmes supplémentaires, soyons sûrs que cette surenchère se montrera autrement plus pertinente qu’une vaine tentative pour démanteler un trafic d’armes : d’abord parce que la mort n’étant pas couverte par la sécurité sociale, c’est un bon moyen de réduire le déficit de l’état. Ensuite parce qu’il conviendrait de ne pas l’oublier : la France tient la quatrième place mondiale de la vente d’armes. A sa petite échelle macabre, c’est donc ce qu’on appelle un plan de relance et si cela se confirme, il sera raisonnable d’offrir un gilet pare-balle au petit Paul…

Ou alors une guitare, un tambour, un piano, ou quoi que ce soit que vous puissiez trouver sur cadeauxpourmusiciens.com par exemple. Parce que la musique est peut-être la meilleure réponse à lui apprendre face à la barbarie et que, lorsque sourd comme Beethoven, vous ferez vos adieux à la scène ou plus modestement à votre Home Studio, ce sera à lui de prendre la relève.

Certes, le petit Paul est encore petit et vous-même, vous ne vous sentez pas si vieux. C’est donc de votre noël à vous qu’on va parler, avec deux potentielles nouveautés à mettre sur votre liste pour le gros rouge : la Novation Twitch, une surface de contrôle dédiée à Serato Itch, et les moniteurs de studio Egg de sE Electronics, désignés par le très respecté Adam Munro… Et parce que sans maîtrise, le matos n’est rien, ou parce vous ne voulez pas, ce samedi soir, passer votre temps à zapper entre deux imitateurs en ayant la mauvaise conscience de ne pas regarder Arte, je vous mets en supplément un reportage vidéo d’une quarantaine de minutes sur le mixage d’un titre. Envie de voir un ingé son pro au travail ? Alors suivez Shanka et Charles de Schutter qui vous détaillent le travail accompli sur une chanson de The Dukes. Ca devrait vous donner des idées…

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos
From Ze AudioTeam

Edito du 3 décembre 2011

En ces temps de mondialisation et de citoyendumondisme, il conviendrait de le rappeler : un allemand n’est jamais rien d’autre qu’un français qui serait né de l’autre côté de l’Alsace.

Avec des chaussettes sous ses sandales, soit. Mais à ce détail près et l’absence totale de béret sur sa tête ou de baguette de pain sous son bras, convenons-en : l’allemand est un français comme les autres.

Du coup, presque 30 ans après que Mitterrand ait pris la main de Kohl, on ne peut être que sidéré par la promptitude avec laquelle certains de nos politiciens ressortent les vieux dossiers qui font peur, au gré d’allusions plus ou moins fines. Ici on évoque Bismarck, là on parle de « diktat », et on ne s’étonnera pas si, dans quelques jours, on en vient au vrai fond du problème franco-allemand, le plus douloureux épisode de l’histoire commune à ces deux peuples : la sortie d’Harald Schumacher sur Patrick Battiston en demi-finale de la coupe de monde de football en 1982. Le destin tragique de Maxime Bossis, la coupe de cheveux tragique de Dominique Rocheteau, les cannes de serin de Michel Platini à cette époque où l’EPO n’existait pas… Et mon père de relever mon visage ruisselant de larmes pour m’asséner cette terrible vérité : « Les règles du football sont simples. C’est un sport qui se joue à 22, avec un ballon sur une pelouse. Et ce sont toujours les Allemands qui gagnent… Mais t’inquiète pas, on aura notre revanche en 86… »

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin…

Le hasard faisant bien les choses, c’est dans ce climat un peu tendu diplomatiquement qu’AudioFanzine vous propose justement d’envahir l’Allemagne. Pour deux jours seulement, certes, mais tout de même. Chaque année se tient en effet à Francfort le Musikmesse, qui n’est autre que le plus gros salon mondial lié à l’audio et aux instruments de musique. Et chaque année, une partie de l’équipe d’AF fait le voyage pour vous ramener des news fraiches en direct de la manifestation.

Or, tant qu’à y aller à 5, autant y aller à 50. Avec un bus loué pour l’occasion. Et dormir deux nuits dans une auberge de jeunesse à 10 mn à pieds du machin…

Pour savoir ce que vous en pensez, on a même mis en ligne un sondage, qui sert par ailleurs de liste d’inscription. Oui, ce sera payant. Non, AF ne fait aucun bénéfice dans l’affaire. Et oui, les premiers inscrits seront les premiers servis.

Allez donc vite à cette adresse pour nous dire ce que vous en pensez…

Une fois que c’est fait, rendez-vous ensuite sur la page d’accueil d’AudioFanzine où vous attendent le test des amplis Hiwatt Tube Series pour guitare, celui de la batterie électronique Yamaha DTX540K et surtout, surtout, le deuxième épisode de notre reportage vidéo ‘In studio with George Massenburg’. Cette semaine, le maître nous entretient de la prise de son d’un ampli guitare, d’un chanteur et d’une cabine Leslie.

C’est toujours aussi intéressant, c’est toujours aussi sous-titré et non, je ne sais pas si Massenburg a des origines allemandes. Mais bon, l’américain est un allemand comme les autres, non ?

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine… ou plus tôt.

Los Teignos
From Ze AudioTeam