Trois jours avant de se faire assassiner, un certain John Lennon s’agaçait : « ce que les fans et les critiques veulent, ce sont des héros morts, comme Sid Vicious  et James Dean. Je n’ai aucun intérêt à être un putain de héros mort… »

Trente ans plus tard, on se demande bien ce que penserait le bon John de cet incroyable album posthume de Michael Jackson, premier volume d’une série de 10 projets (albums, DVD et – tenez-vous bien – jeux vidéo) prévus pour ces sept prochaines années.

Derrière cette idée de génie, on retrouve bien évidemment l’Estate, les exécuteurs testamentaires du défunt, et Sony Music, qui se seraient, clament-ils, basés sur « des notes » laissées par le chanteur pour terminer les morceaux, et « sentis dans l’obligation morale envers les fans et Michael lui-même, de ne pas laisser cette musique brillante moisir dans un coffre ». Une obligation morale qui a fait l’objet d’un contrat de 200 millions de dollars (quand on vous dit que c’est la crise dans l’industrie du disque…)

Pendant que le King of Pop moisit donc dans son coffre à lui, force est d’admettre qu’il n’a jamais eu autant d’avenir et qu’il rejoint ainsi Jimi Hendrix, Kurt Cobain ou Jeff Buckley dans ce club pas si fermé des musiciens qui font plus de disques et d’argent morts que vifs…

A quelques jours de Noël, loin de moi l’idée d’appeler au boycott de ce disque car on serait bien capable de me poursuivre pour cela. En revanche, je me sens libre de recommander d’acheter des disques d’artistes vivants, et même mieux, d’aller les voir sur scène. Ou alors, gardez votre argent et investissez dans le musicien qui ait le plus d’avenir à vos yeux : vous-même. C’est même pour ça qu’on vous a fait un petit shopping de Noël, en forme de best of de ce qu’on a vu sortir en 2010. Imprimez l’article et laissez-le négligemment traîner sur la table du salon, non sans avoir négligemment stabiloté ce qui vous intéressait le plus dedans. Vos proches devraient comprendre l’allusion…

Une fois le stabilo posé, reprenez votre souris en main et jetez, au prix d’un strabisme divergent sans gravité, un œil au test de l’U2 Station MKII de DJ-Tech, et un autre au dossier de Craig Anderton sur le bon usage des boucles de batterie multipistes. Et si vraiment, au terme de cette divergence, vous êtes pris d’une envie de vomir, ne vous retenez pas : mettez le tout dans un sac plastique (ou une poche, suivant la région où vous vivez), rendez-vous au supermarché du coin et déposez-le, l’air de rien, au pied d’une tête de gondole consacrée à l’après-dernier disque morbide de Michael Jackson. En marketing, on appelle ça un Tribute…

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos

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