En vis-à-vis de la fabuleuse Macarena, de la fantastique Soca Dance, de la légendaire Lambada, de l’épatante Saga Africa et du non moins extraordinaire Gangnam Style, la chanson Blurred Lines de Robin Thicke n’est probablement pas le pire tube de l’été auquel nous ayons dû survivre. Le seul problème, c’est qu’après s’être faits taxer de sexisme pour leur textes et leur double clip incroyablement imaginatif, ses auteurs se voient accusés de plagiat par le label Funkadelic et les héritiers de Marvin Gaye, qui reprochent à Blurred Lines de ressembler un peu trop à Got to give it up. Et du coup, ils contre-attaquent en justice…

Et c’est vrai que ça ressemble dans l’esprit.

Autant que le chanteur ressemble d’ailleurs à un George Michael du pauvre, occupant le même créneau du bellâtre bien mal rasé qui promène ses lunettes de soleil entre trois top models, avec un montage qui fait ce qu’il peut pour donner l’impression que le protagoniste sait danser…

Sans savoir ce que dira la justice sur l’affaire, on remarquera juste que le seul point de vue pertinent sur l’histoire, celui de Marvin Gaye, n’est pas près d’être entendu et qu’une fois de plus, des héritiers s’arrogent le droit de faire parler les morts… Du coup, on s’attend presque à ce que les ayant-droits du regretté JJ Cale disparu récemment reviennent sur la carrière de Mark Knopfler qui a plus que pillé le style guitaristique de son idole… Qui avait sans doute pillé quelqu’un avant lui, un autre voleur de voleur lui-même, ce qui nous ramène à cette phrase qu’Oscar Wilde a sans doute chipé à quelqu’un d’autre : « Le talent emprunte, le génie vole ». Et s’il reste à prouver que Robin Thicke est un peu plus qu’un génie estival qui survivra aux premiers froids de l’automne, on se demandera tout de même ce qu’il serait advenu du Rock’n’roll si les bluesmen du Mississipi s’étaient amusés à faire un procès à Chuck Berry, Fats Domino et à Jerry Lee Lewis, et si ses derniers s’étaient amusés à faire des procès à Elvis qui en aurait fait aux Rolling Stones et aux Beatles, etc. Gageons que les songwriters contemporains sont bien chanceux, en tout cas, qu’aucun cabinet d’avocat ne veille sur les partitions écrites par Bach, Haendel, Mozart, Pachelbel ou Beethoven, sans quoi la musique populaire serait morte depuis à peu près trois siècles, et la première préoccupation du musicien consisterait à s’inquiéter de la note qu’il vient de jouer plutôt que de celle qu’il doit jouer ensuite, comme si c’était humainement et artistiquement possible…

On laissera donc là les avocats et les hommes de droit qui font ce qu’ils ont à faire pour justifier leurs honoraires et on se remettra mollement au travail de l’instrument, non sans s’être préalablement accordé avec la nouvelle version du Polytune de TC Electronic. Avec un iPad ou un iPhone grâce aux interfaces pour guitares conçus par Line 6 ou IK Multimedia, ou un ordinateur qui vous amènera, via un vol Native Instruments, sur les terres cubaines… En attendant la rentrée, on pourra aussi en profiter pour regarderquelques docus bien torchés sur des musiciens de renom, ce qui sera, tout de même, plus intéressant que la vidéographie de Robin Thicke…

Sur ce, bon week et à la semaine prochaine.

Los Teignos

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